Publié le dimanche 29 août 2010 à 10H00 - Vu 40 fois
A La Rochelle, Jaurès côtoie Mitterrand au rayon des souvenirs. Martine Aubry a assuré hier en Charente-Maritime que le calendrier du PS pour ses primaires présidentielles, en 2011, restait inchangé.
A l'inverse du « bouclier fiscal » qu'ils dénoncent, des élus de la Nièvre, maires et conseillers généraux, veulent une action transversale pour les territoires, des services publics aux nouvelles technologies en passant par les banques.
« On a réalisé qu'on était capable de mettre nos écharpes tricolores pour protester chaque fois qu'un hôpital menaçait de fermer, au coup par coup, mais pas pour proposer des projets argumentés », explique Fabien Bazin, maire d'une petite ville de 1 500 habitants dans le Morvan.
Des élus locaux de droite séduits
Les concepteurs du « bouclier rural » - sur lequel le conseil général de la Nièvre a décidé à l'unanimité, élus de gauche comme de droite, de travailler - ont placé les services publics tout en haut de leur liste.
Face aux suppressions d'écoles, de guichets de poste de plein exercice ou de services hospitaliers, ils entendent instaurer un « temps maximum d'accès aux services publics » : trente minutes pour arriver aux urgences, 45 pour une maternité. Leur réflexion a porté aussi sur les commerces pour trouver comment adapter leur fiscalité au caractère saisonnier de leur activité ou les aider dans leurs mises aux normes.
Misant sur une accélération de l'exode urbain et, partant, sur une explosion du télétravail, ils proposent un grand plan d'équipement en fibre optique de leurs territoires.
Le tout pourrait être au cœur d'une « grande loi sur la ruralité dont le projet serait déposé à l'Assemblée mais surtout, il faut intégrer ces idées dans le futur programme présidentiel socialiste », déclare Christian Paul, député de la Nièvre et président du Laboratoire des idées, la machine à projets du Parti socialiste.
Le « bouclier rural » est une exigence républicaine et sociale, souligne-t-il. « Quand on doit attendre dix mois pour un rendez-vous chez l'ophtalmo près de chez soi, on n'est plus dans l'égalité républicaine », insiste l'ancien ministre. En quelques années, sous la houlette de la droite, « on a raboté, on a concentré, on a éloigné le centre de décision et le lieu des interventions : dans le domaine de l'aménagement du territoire, il y a eu abandon de poste total », déplore le député.
L'idée du « bouclier rural » commence à essaimer, dans le reste de la Bourgogne et le Massif central et séduit à droite, dont les élus locaux sont « très embêtés par le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux » décidé par le gouvernement Fillon, ajoute Fabien Bazin.
« Les services publics sont balayés par le Sarkozysme dans les territoires ruraux plus qu'en banlieue », avance-t-il pour expliquer ce front républicain du refus.
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