Publié le dimanche 31 octobre 2010 à 12H00 - Vu 448 fois
Ségolène Royal qui voyage beaucoup, des canaux de Venise aux manifs unitaires du PS, en passant par Décines, en banlieue lyonnaise, commence à faire vraiment peur tant elle se la joue illuminée, en mission sinon divine mais presque, capable de nous faire le coup de la machine à remonter le temps. Elle vient de déclarer « Si j'avais été élue en 2007, la France ne serait pas dans l'état dans lequel elle est aujourd'hui et les acquis sociaux seraient protégés ! »
Tant qu'elle y est, que ne répare-t-elle quelques-unes de ses œuvres passées et fort critiquées ? Le procès d'un adolescent de 17 ans qui avait affirmé à tort, en septembre 2008, avoir été frappé par son professeur, lequel s'était ensuite suicidé, et qui s'est tenu tout récemment devant le tribunal pour enfants de Laon, est une affaire qui en rappelle une autre : celle du suicide de Bernard Hanse… Un prof de Montmirail, injustement accusé d'attouchements pédophiles par un collégien menteur, et que le principal entendait déférer directement procureur de la République, le 10 juin 1997. Ce même jour, Mme Royal qui avait fait de l'éradication de la pédophilie dans l'éducation nationale son cheval de bataille grand public, faisait la tournée des académies et prêchait sa nouvelle croisade. Le principal a-t-il voulu faire du zèle ? En tout cas, en dépit des témoignages qui démentaient l'élève, l'accusation a été maintenue et Bernard Hanse s'est suicidé après avoir acheté un flingue à Epernay. Consternation générale. Tout Montmirail accompagne le défunt au cimetière. Le collégien accusateur, qui s'est entre-temps rétracté, est mis en examen par le juge des enfants de Reims, le 18 juin.
Ségolène Royal, ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, se permet alors une ingérence insupportable pour la famille et les amis de la victime en déclarant : « L'affaire n'est pas finie, l'enfant s'est peut-être rétracté sous la pression des adultes, sous le poids d'un suicide, les reproches qui lui avaient été faits d'avoir parlé. »
Il est évident que l'administration dont Mme Royal était responsable, a agi avec précipitation dans une affaire lourde de conséquence puisqu'elle s'est traduite par la mort d'un professeur. Non contente de ne point tirer leçon de ce drame, Mme Royal en a fait le modèle de sa circulaire sur les maltraitances N° 97-175 du 26/8/1997. Le mode d'emploi de l'erreur judiciaire est ainsi instauré en règle sous prétexte d'urgence répressive : « Dès qu'un élève a confié à un membre de l'éducation nationale des faits dont il affirme avoir été victime, il appartient à ce fonctionnaire d'aviser immédiatement le Procureur de la République, sous forme écrite et transmise, si besoin est par télécopie ».
Mme Royal qui n'a jamais daigné recevoir la famille de M. Hanse ne souhaiterait-elle pas revenir sur sa circulaire qui a causé beaucoup de dégâts, avant de prétendre revenir… au pouvoir ? L'école publique ne peut demeurer l'école du soupçon et de la délation.
P. Le C.
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