Publié le dimanche 13 novembre 2011 à 12H00 - Vu 23 fois
n Silvio Berlusconi a remis hier soir sa démission au président de la République italienne sous les huées de la foule romaine. n Agé de 75 ans, il était depuis 2008, et pour la troisième fois, à la tête du gouvernement de la Péninsule.
Privé mardi de majorité absolue à la Chambre, Silvio Berlusconi avait promis de démissionner une fois que le parlement italien aurait entériné une loi de stabilité financière réclamée par les partenaires européens de Rome pour rétablir la confiance des marchés dans les finances publiques de la Péninsule.
Après le Sénat vendredi, la Chambre des députés a entériné le texte hier en fin d'après-midi, ouvrant la voie à une démission rapide de Berlusconi et à la formation d'un nouveau gouvernement.
Le « Cavaliere » a réuni une dernière fois son conseil des ministres dans la soirée, remerciant ses ministres et son sous-secrétaire à la présidence du Conseil Gianni Letta. Il s'est rendu ensuite au palais du Quirinal pour remettre sa démission au président Giorgio Napolitano. La voiture du président du Conseil a dû se frayer un chemin parmi une foule compacte de centaines de Romains qui l'ont copieusement sifflé et ont scandé « Clown, Clown » à son arrivée au Quirinal.
Un orchestre s'est installé près du palais présidentiel pour jouer l'Alleluia du Messie d'Haendel. Des habitants ont expliqué célébrer la fin de « l'ère Berlusconi », l'une des périodes de l'histoire récente italienne les plus riches en scandales. « Cela m'attriste profondément », a déclaré Berlusconi à ses proches. Le magnat des médias, arrivé au pouvoir en 1994 sur fond d'effondrement de la démocratie chrétienne et d'opération « Mains propres », a été président du Conseil en 1994-95, 2001-2006 et depuis la dernière victoire de son parti allié à la Ligue du Nord aux législatives d'avril 2008. Le président Giorgio Napolitano devrait désormais charger l'ancien commissaire européen à la Concurrence Mario Monti de former le prochain gouvernement. Celui-ci devrait former un cabinet restreint composé de techniciens, afin de tirer l'Italie hors de la crise de la dette souveraine.
Monti a été nommé mercredi dernier sénateur à vie par le président de la République, un décret inattendu qui a préparé le terrain à sa désignation à la tête du gouvernement. Hier matin, il a eu des consultations avec Mario Draghi, le nouveau président - italien - de la Banque centrale européenne.
Selon certains politologues, son gouvernement pourrait être annoncé dès ce soir.
« Profondément attristé »
Le parti de Silvio Berlusconi, Peuple de la liberté (PDL), a accepté de soutenir un nouveau gouvernement dirigé par Mario Monti à condition qu'il s'en tienne à l'application des réformes décidées avec l'Union européenne, a déclaré hier un député.
« Nous avons donné au premier ministre (démissionnaire) Berlusconi un mandat pour procéder à des consultations afin de voir que le programme est celui convenu avec l'Union européenne, pour s'assurer que le gouvernement n'est pas politique et par dessus-tout pour vérifier le calendrier du nouveau gouvernement », a expliqué Mario Baccini.
Le PDL est divisé entre plusieurs courants, les uns prônant le soutien au nouveau gouvernement, les autres plaidant pour des élections législatives anticipées.
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