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Procès de la récidive dans le RER D

Publié le lundi 13 décembre 2010 à 10H45 - Vu 838 fois


L'avenir appartenait à Anne-Lorraine Schmitt, jeune femme brillante qui se destinait au journalisme.

L'avenir appartenait à Anne-Lorraine Schmitt, jeune femme brillante qui se destinait au journalisme.


Anne-Lorraine Schmitt avait 23 ans. Dimanche 25 novembre 2007, elle a été mortellement poignardée à bord du RER D, dans l'Oise. Thierry Deve-Oglou, un récidiviste de 43 ans, est jugé pendant trois jours aux assises de Pontoise.

«JE n'ai ni haine, ni désir de vengeance. » Le général Philippe Schmitt, fervent chrétien, martèle ainsi son état d'esprit à la veille de l'épreuve qui l'attend.
Ce lundi, à Pontoise, s'ouvre le procès de l'homme qui lui a ravi sa fille, Anne-Lorraine. C'était un dimanche, avant la messe du Christ-Roi en la cathédrale de Senlis où, rituellement, la famille Schmitt priait. Pour rejoindre ses parents, ses quatre frères et sœurs, l'étudiante en journalisme avait pris le RER D reliant Saint-Denis, où elle habitait, à Orry-la-Ville, où résidaient les siens. Huit stations, 31 minutes de trajet avant de descendre à La Borne-Blanche, où, comme d'habitude, Philippe Schmitt l'attendrait pour l'emmener se recueillir. Ensuite, on déjeunerait, chacun conterait les six jours écoulés, puis les garçons, militaires, iraient échanger avec « le général ».
Le 25 novembre 2007, rien de tout cela ne s'est produit. Parce qu'en gare de Goussainville, à mi-chemin du voyage d'Anne-Lorraine Schmitt, un homme plutôt bien de sa personne, portant lunettes et cheveux bruns bouclés, a fait irruption dans la rame où n'était assise que la jolie blonde concentrée sur son livre.
Dans ce train, douze ans auparavant, Thierry Deve-Oglou s'était déjà jeté, couteau en main, sur une voyageuse solitaire. Alors, en voyant Anne-Lorraine, « j'ai eu un flash », avouera-t-il au juge Delepoulle.

« Il fallait que je me la fasse »

Le magistrat a rédigé une ordonnance de mise en accusation qui va être lue ce matin. Dix-huit pages seulement, mais l'énoncé du drame paraîtra interminable. Certes, les Schmitt connaissent les faits par cœur, aucune description ne leur a été épargnée, ils savent tout du calvaire, de l'agonie d'Anne-Lorraine. Néanmoins, il faudra être fort, se serrer, beaucoup prier. La lecture va commencer par la fin, à 11 h 45 ce dimanche-là, quand les passagers du RER montant en gare de Creil ont découvert la jeune fille à genoux entre les banquettes, bras étalés sur le siège dans la position du Christ sur la croix. Partout, du sang, jusque sur les vitres. Un souffle de vie s'échappait de ses lèvres bleuies, ses yeux ouverts ne semblaient plus voir. Anne-Lorraine luttait. Elle est morte à 12 h 37. Cent cinquante-neuf minutes plus tôt, elle montait dans la rame, portable à l'oreille, expliquant à son frère François-Xavier que le train aurait un léger retard. La suite, c'est Thierry Deve-Oglou qui l'a racontée.
Il l'a rejointe dans le wagon à 10 h 16. Dans son casque, il écoute du Chopin. Il a bu un rhum au bar de Goussainville, après avoir visionné un film porno dans la chambre que ses parents mettent à la disposition de ce grand fils de 41 ans qui travaille chez un négociant en bois. Dans son sac en bandoulière, il a son couteau Laguiole. Le flash. « J'ai pété un câble, je lui ai demandé de faire l'amour avec moi. » Elle a crié plusieurs fois « ne me faites pas de mal » et « je l'ai poignardée ». Un coup, deux, neuf sur le haut du buste, seize dans les seins. « Elle criait, se débattait. Il fallait que je me la fasse. » Anne-Lorraine se traîne vers la sortie, il la rattrape. Encore neuf coups de Laguiole. « A Fosses, je l'ai lâchée. Elle ne criait plus, ou un tout petit peu. » Il s'en va. Il n'a pas réussi à la violer. Tant pis, il ira voir une prostituée, comme chaque week-end.
L'étudiante a tant lutté, empoignant même la lame, qu'elle a blessé son agresseur. Sa cuisse droite est entaillée. Les gendarmes le retrouvent grâce aux soins reçus. Deve-Oglou avoue : « Je ne voulais pas qu'elle vive car je m'étais fait avoir comme ça en 1995. »
C'était le 25 janvier. Même train, même Laguiole. Il avait épargné Valérie L. parce qu'elle ne s'était pas débattue, préférant l'outrage à la mort. Pour ce viol, il avait écopé de cinq ans de prison, dont deux avec sursis. Le 13 février 1997, il était libéré.
« Le renouvellement de l'acte paraît peu probable », estimait le psychiatre…
Jamais il ne s'est présenté à son contrôle judiciaire, ni ne s'est soumis aux injonctions de soins. Son sursis n'a pas été révoqué.
Depuis qu'il sait cela, le général Schmitt milite en faveur d'une meilleure application des peines infligées aux criminels.
Des jurés de Pontoise, il attend une sanction exemplaire assortie d'une peine de sûreté et espère que l'accusé ne les attendrira pas « avec ses pleurs », comme au procès de 1996 lorsqu'il évoquait la mort de son cochon d'inde.
Cette sensibilité-là avait convaincu la cour que Thierry Deve-Oglou n'était, au fond, pas si mauvais et qu'il avait agi dans un moment d'égarement…

Isabelle HORLANS

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ficelle 02500

picardie

15/12/2010 à 00h13

Les psychiatres ne sont jamais inquiétés pour leurs erreurs de synthése.
Bon nombre de criminels récidivent !

Jamais il ne s'est présenté à son contrôle judiaire, ni soumis aux injonctions de soins.Son sursis n'a pas été révoqué.
Quel laisser-aller !
C'est lamentable de mourir dans de telles souffrances en pleine jeunesse.
Je pense à ses parents pour qui la vie est devenu l'enfer !

Marguerite12

Charleville-Mézières

14/12/2010 à 19h29

"Il fallait que je me la fasse" Parole abominable, qui ramène la femme au rang d'objet. Cet individu avait l'habitude de regarder des film pornos, et il est bien connu que dans ces films, la femme est méprisée, avilie, traitée comme on ne traiterait pas un animal. La démonstration est faite.

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