Publié le vendredi 08 mai 2009 - Vu 27 fois
Lundi 4 avril, les étudiants ont voté la fin du blocage de la fac de Reims. Selon Benoist Apparu : « On a fait monter un réseau social (Facebook, ndr) de ceux qui étaient contre la grève et c'est comme ça qu'on a fait débloquer l'université.»
Alex roger
BENOIST APPARU, député UMP de la Marne, a-t-il gaffé ? Dans un reportage consacré à la visite à San Fransisco de Valérie Pécresse et de Nathalie Kosciusko-Morizet, respectivement ministre de l'Enseignement supérieur et secrétaire d'État au développement de l'économie numérique, diffusé le 26 avril dernier dans l'émission « Dimanche + » sur Canal +, M. Apparu, qui les accompagnait, a révélé que l'UMP manipulait les étudiants des universités.
En prenant l'exemple de l'université de Reims, le député de la Marne a expliqué que lors du mouvement en cours : « On a fait monter un réseau social (Facebook, ndr) de ceux qui étaient contre la grève et c'est comme ça qu'on a fait débloquer l'université. » Le député appuyant sa démonstration sur l'exemple de Reims où les cours avaient ainsi pu reprendre.
Le dîner de cons...
Nous avons interrogé Julien Micelli, de l'Unef, une organisation qui mène actuellement le combat contre la réforme Pécresse, pour savoir ce qu'il en pense. « On trouve ça scandaleux que l'UMP infiltre les réseaux. Surtout que certains n'y voient que du feu. Ils ne comprennent pas que derrière le collectif « Pour le droit d'étudier » (365 membres) ou le collectif « Débloquer la fac » (244 membres), il y a un parti : l'UMP. Dans cette affaire, certains étudiants anti-blocage sont carrément les dindons de la farce car ils ne savaient pas qu'ils étaient instrumentalisés. J'ai juste l'impression qu'ils se retrouvent dans la position du con du dîner de cons. »
Paul Saade du collectif « Pour le droit d'étudier » lui répond : « Dans le collectif, il y a des jeunes de droite, de gauche et du centre. Le collectif n'avait pas le but de casser la grève mais celui de faire cesser le blocage. Est-ce qu'on peut dire qu'Adeline Hazan est manipulée par l'UMP parce qu'elle prête des locaux municipaux pour y organiser des cours quand les locaux des facs sont bloqués ? » Question intéressante !
Benoist Apparu s'explique à son tour : « Vous connaissez les journalistes, sur un quart d'heure d'interview, ils n'en retiennent que trente secondes. Ce que je voulais dire, c'est qu'il y a autant de monde dans les réseaux sociaux que dans les AG de grévistes. Sauf que là il y a une transparence totale puisque vous avez le nom de chaque membre du groupe en question. On peut même imaginer des manifs virtuelles. » Ne serait-il pas en train de joliment noyer le poisson ?
Stratégie
Revenons à la question qui nous préoccupe : y a-t-il une stratégie de l'UMP pour contrer les grèves ? « Aujourd'hui, il n'y en a pas mais ça me donne des idées car ça m'énerve que 40 personnes bloquent 20.000 étudiants. Je suis pour le droit de grève mais également pour que l'on n'empêche pas les non-grévistes d'étudier. » A ce petit jeu-là, il semblerait bien que tous les moyens sont bons.
Au fait, rappelons que Benoist Apparu est rapporteur à l'Assemblée nationale de la loi sur l'autonomie des universités dont découle la modification du statut des enseignants-chercheurs, source de la fronde actuelle dans les universités.
Alexandre ROGER
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