Publié le mardi 10 avril 2012 à 10H03 - Vu 29 fois
Suite de notre série en six volets où des militants, dans six villes de la région, s’expriment sur les grands thèmes de campagne. Aujourd’hui, l'école. Dans nos prochaines éditions, l’immigration, l’Europe, les sujets de société et la réforme des institutions.
UMP (Laon)
CHRISTOPHE COULON, 38 ans : « La maîtrise de la lecture et de l'écriture est l'une des priorités. Cela fait des décennies que des spécialistes se saisissent de la question et pourtant, les résultats sont là : à l'entrée en 6e, près de 20 % des enfants sont en grande difficulté. Je ne dis pas qu'il faut instaurer un examen évidemment, mais il faut absolument remédier à ce problème. Quand on arrive dans la vie avec un tel handicap, on est quasiment foutu. Et que dire de l'horreur du collège unique qui a aujourd'hui atteint ses limites. Vouloir formater les enfants dans un seul et même système, ce n'est plus possible. Aux gamins, autrefois, on disait : tu as de l'or dans la tête. Aujourd'hui, j'aimerais leur dire : tu as de l'or dans les mains ».
WILLIAM LEPINAY, 60 ans : « Je suis personnellement favorable à la scolarisation précoce. C'est au plus jeune âge que se repèrent les difficultés. Pourquoi ne pas redéployer les effectifs enseignants en tenant compte de cet impératif ? »
Légende : William Lepinay.
PS (Charleville)
CÉDRIC JAGIELSKI, 35 ans : « L'éducation est le meilleur investissement pour préparer l'avenir. La suppression de 84 000 postes en 5 ans est un non sens humain et économique. Ça pose le problème des classes surchargées. C'est mauvais pour les élèves et intenable pour les profs. La même logique comptable a présidé à la suppression des Rased pour les élèves en difficulté. C'est inquiétant. Ça veut dire que dans un pays développé comme le nôtre, on ne donne pas les mêmes chances de réussite à tout le monde. Le problème est qu'à Paris, certains élus de droite soutiennent la politique gouvernementale mais s'empressent, sur le terrain, de compatir au malheur de leur territoire en manifestant contre la fermeture de tel ou tel collège. Je crois au contraire qu'il faut renforcer les moyens de l'éducation et augmenter les salaires enseignants quitte à nommer les plus aguerris sur des postes difficiles plutôt que l'inverse. »
Front de gauche (Chauny)
Simon, 12 ans : « Ce n'est parce que je ne vote pas que je n'ai pas d'avis. Je milite à ma façon. A l'école, je remarque qu'en 4e, on nous rabâche depuis deux ans des cours de géographie sur la mondialisation. D'une année sur l'autre, les livres changent, pas les contenus. En classe, les élèves qui ont des difficultés sont placés dans le fond et les bons devant. Ce qui fait que les bons deviennent meilleurs et les moins bons encore plus mauvais. Peut-être qu'il faudrait arrêter de supprimer des postes d'enseignants, ça permettrait de mieux s'occuper des élèves qui en ont besoin et qui ne suivent pas le rythme. Cela dit, je trouve bien les journées consacrées à la découverte des métiers, même si j'ai trouvé étonnant qu'un jour, l'un des exercices consistait à rédiger une petite annonce d'offre d'emploi ! »
FN (Dormans)
MIREILLE CHEVET, 38 ans : « Il faudrait d'abord réapprendre aux enseignants à apprendre au lieu de cette vaste fumisterie qui consiste à laisser les enfants apprendre par eux-mêmes. Il paraît que la méthode globale n'est plus pratiquée. C'est faux ! Sous pression de leur hiérarchie, des amies enseignantes ont le pire mal à s'en défaire. De même, l'orthographe, l'histoire ou la géographie, dont la part se réduit peu à peu, doivent être des priorités. Je suis pour un retour à la culture générale. Rendez-vous compte : à l'école, mes enfants passent pour des génies parce qu'ils savent qui est Louis XIV ! L'école doit surtout cesser de se mêler de ce qui ne la regarde pas. La pilule du lendemain en est un exemple. L'école instruit et les parents éduquent. A chacun son travail. D'ailleurs, il faudrait rebaptiser le ministère de l'Education en celui d'Instruction publique, comme autrefois. »
LO (Reims)
THOMAS ROSE, 43 ans : « La question des postes est inévitable. Dès la maternelle et le primaire, l'encadrement des classes, surtout dans les quartiers populaires, doit être renforcé. Idem au collège ou au lycée. Comment tolérer des cours de langue à 35 ! La volonté du ministre d'encourager l'accompagnement personnalisé est une plaisanterie. Du soutien à 18 par classe ! C'est aussi pour cette raison que la suppression des Rased est un scandale. Il est urgent de les rétablir. J'entends également évoquer la nécessité de renforcer au plus tôt l'orientation vers la voie professionnelle. Encore une aberration qui nous mène peu à peu vers une éducation light élaborée en fonction du seul intérêt des entreprises. La meilleure manière de revaloriser ces filières, ce serait d'offrir aux gens qui y travaillent des conditions de vie et des salaires décents. Au lieu de quoi, dans le bâtiment actuellement, 75 % des contrats sont précaires. »
Verts (Reims)
SEBASTIEN GARRIGUET, 31 ans : « Une bonne école devrait avoir le souci de l'équité. Cela veut dire d'abord revenir sur les suppressions de postes, seul résultat tangible de la réforme des lycées. Il faut aussi reconsidérer le système des affectations qui envoie les nouveaux capétiens dans des zones sensibles. La difficulté doit être prise en charge dès le primaire. Ensuite, un parcours fondamental jusqu'à 16 ans - une sorte de parcours à la carte - devrait offrir aux élèves le choix dans une multitude d'options attractives. L'idée est de disposer d'un programme touche-à-tout qui permettrait notamment de revaloriser les filières professionnelles. Au-delà de 16 ans, le parcours ménagerait des passerelles pour d'éventuelles reconversions. Parallèlement, nous proposons aussi d'étendre le service civique en le proposant à partir de 16 ans alors qu'il ne concerne actuellement que 15 000 jeunes de 18 à 25 ans. »
MoDem (Châlons-en-Champagne)
MARIE-PIERRE BARRIÈRE, 38 ans : « La querelle entre les pédagos, tenants des nouvelles pédagogies, et les républicains, partisans d'un retour à l'école d'autrefois, n'a pas lieu d'être. Tout au plus, elle nous fait perdre beaucoup de temps. Il y a du bon dans les deux, ce qui implique un retour aux enseignements fondamentaux, le rétablissement d'un climat propice à l'étude et la réinstallation de l'enseignant au cœur du dispositif. Le rôle d'un enseignant, c'est la transmission des savoirs. Même s'il y a naturellement de l'affect, de l'émotionnel dans la relation pédagogique, un prof, ce n'est pas un assistant social. S'il est vrai qu'il y a de plus en plus d'élèves ingérables, pourquoi ne pas envisager dans certains établissements, des classes à effectifs supérieurs, ce qui permettrait de les diminuer dans d'autres, plus sensibles, en mutualisant les moyens. J'insiste aussi sur l'importance des méthodes d'enseignement. Il faut vraiment réapprendre à apprendre et rétablir les deux années de formation des maîtres. »
Gilles Grandpierre
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site





Les dernières contributions
dac51
10/04/2012 à 21h25
La question de l'égalité des chances est un faux problème. Quitte à passer pour un affreux facho, je dis et je maintiens que les gamins ne sont pas égaux, et l'école n'y pourra rien changer. Naître dans une famille où on s'implique dans l'éducation en favorisant la culture générale et le développement de l'enfant ne sera jamais l'égal des familles où on colle les gamins devant la télé ou une console de jeux pour avoir la paix.