Publié le samedi 04 juin 2011 à 10H29 - Vu 1399 fois
Tandis que Dominique Strauss-Kahn, reclus dans sa maison cernée de touristes français, peaufine sa stratégie jusqu'à lundi, son juge affiche un calme olympien. Rencontré hier matin dans sa salle d'audience, il s'avoue « étonné de voir autant de médias » qui, le 6, « seront frustrés par un débat qui durera quelques minutes ».
(De notre envoyée spéciale à NEW-YORK, Isabelle Horlans). PART 51 - Room 1324. Dans le vaste prétoire, si calme ce vendredi, DSK dira lundi, à 9 h 30, s'il continue de plaider non coupable ou s'il opte pour une reconnaissance d'une partie des charges et tente donc de négocier une peine avec le district attorney (procureur) Cyrus Vance Jr.
Perchée au 13e étage du Federal Building, 100 Centre Street, la Cour suprême de l'État de New York est déserte, les bancs en bois de la salle d'audience 1324 désespérément vides, le sol en pierre, vert et noir, impeccablement lustré. Nous ne sommes que deux journalistes, installées à dix mètres du pupitre et des fauteuils en cuir blond des douze jurés, discrètes parce qu'arrivées sans autorisation, telles deux souris curieuses qui redoutent l'irruption du danger.
Réputé pour son intelligence et sa grande humanité
Sous le drapeau américain et l'inscription « In God we trust »*, un policier et une greffière ne nous prêtent aucune attention. Puis, soudain, l'honorable juge Michael J. Obus fait irruption dans son prétoire où, jeudi 19 mai, il a libéré le prévenu Dominique Strauss-Kahn. Chemise bleu ciel, cravate gris clair, costume marine, regard vif, il prie les intruses d'approcher. Flottement. Le sourire est engageant, poignée de main chaleureuse : « Ravi de vous rencontrer », dit-il, nos identités déclinées. « Mais vous comprenez que je ne peux rien dire sur l'affaire », précise-t-il.
Diplômé de l'université de Columbia, charmant et distingué, il est réputé pour son intelligence et sa grande humanité. « Je suis étonné de voir autant de médias. Mais je sais par mes amis français que, pour vous, c'est un énorme événement. Pour moi, c'est une affaire comme les autres. » Vraiment ? « Vraiment. » L'échange prend un tour surréaliste : « Avez-vous vu "Midnight in Paris" (le dernier Woody Allen) ? » Il parle du rôle de Carla Bruni-Sarkozy, « que j'avais vue à New York », s'enquiert du but de notre séjour. « Vous êtes venues exprès ? Vous risquez d'être déçues, l'audience ne va durer que quelques minutes : énumération des charges, coupable ou non coupable, c'est tout… » Que va-t-il faire ce week-end ? « Rester chez moi ! Que voulez-vous que je fasse d'autre ? répond-il en riant. Bon, à lundi, je dois régler trois cas avant de rentrer. »
"Pas de pitié pour le pervers" titre d'un tabloïd new-yorkais
Un détour par la Special Crimes Unit (lire par ailleurs), et retour au trash, à la traque de DSK et de sa femme Anne Sinclair, dont la moindre sortie tourne en boucle sur les networks. Aux alentours, les galeristes de l'ultra-branché TriBeCa commencent à s'énerver. L'une d'entre elles éjecte les reporters assis devant son pas-de-porte ombragé, déploie le ruban jaune « Caution » qui ceint d'ordinaire les chantiers et lieux d'accident.
Derrière la porte d'entrée en verre cathédrale du 153 Franklin Street, où vit DSK, on distingue la large silhouette d'un garde armé. Camille, l'une des filles de l'ex-patron du FMI, s'engouffre rapidement, exaspérée sans doute par cette vie devenue infernale. Mercredi soir, un photographe a éventré les deux poubelles de son père. Les tabloïds à scandale new-yorkais sont en permanence sur le qui-vive, mais pas sur Franklin Street : ils grenouillent dans les couloirs du NYPD (le département de police) où ils jouissent de bureaux et d'accréditations. « Pas de pitié pour le pervers », claironnent-ils en une de leurs journaux à 50 cents, vendus, pour le « New York Post », à 674 000 exemplaires chaque jour. Ils traitent DSK de « libidineux », de « porc », de « crapaud », de « putois » aux attitudes « colonialistes » qui ose « attaquer une jeune femme noire, pauvre et musulmane ». Il ne fait aucun doute, à leurs yeux, qu'il est coupable et durablement installé aux Etats-Unis où il purgera une peine qu'ils souhaitent longue - ils prédisent vingt-cinq ans de détention, cinq à dix « seulement » s'il négocie. Raison pour laquelle 48 cartons sont arrivés mercredi de Washington, y compris les bergères et tableaux de maître du couple maudit.
"Les jounalistes américains nous jugent arrivistes" (une journaliste de France 2)
Les reporters du « Post » et du « Daily News » refusent de nous parler depuis que « la presse française a révélé l'identité et l'adresse de la victime », Nafissatou Diallo. « Ils nous jugent pushy, explique Maryse Burgot, chef du bureau de France 2 à Washington, basée depuis trois semaines à New York. Nous sommes ceux qui fument, qui boivent du vin, poussent les barrières, ne respectent pas les règles, se montrent arrogants. Nous sommes pourtant plus respectueux de la présomption d'innocence car nous ne savons toujours pas ce qu'il y a dans le dossier, nous n'avons pas d'informations des protagonistes. Moi, je reste prudente. A vrai dire, je n'ai pas encore de conviction. On n'est pas à l'abri d'une surprise depuis que la défense affirme disposer d'éléments pouvant décrédibiliser gravement la victime… »
Pour occulter les huit fenêtres en façade de la maison somme toute assez déprimante, les stores blancs restent tirés. Sept parasols couvrent désormais la terrasse. Jeudi, aucun traiteur ne s'est présenté. Seul un car de touristes français a créé l'attraction. Et les policiers black du NYPD, en faction, ont gentiment posé aux côtés des femmes en robe à fleurs.
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Les dernières contributions
Alain Schydlowsky
Chàlons-en-Champagne
06/06/2011 à 20h31
Pitoyable.Pathétique,vous verrez que "le jour d'après" il y aura bien un scénariste décadent et il n'en manque pas pour faire un film sur cette pauvre histoire:voilà revenu le chagrin et la pitié,et pour reprendre la mythologie Dominique et Nicolas me font penser à Caien et Abel....
dedeclic
05/06/2011 à 09h55
Cet article m'inspire autant que la peinture sur toile de Kasimir Malevitch intitulée
" carré blanc sur fond blanc " !...je suis peut-être trop "bête" pour comprendre ...
en attendant la semaine prochaine pour de nouvelles révélations.
BARIS Dominique
CHÂLONS-en-CHAMPAGNE
04/06/2011 à 23h01
Le juge américain s'adresse à l'Union pour promettre la déception et la frustration aux journalistes qui se déplaceront pour un bref débat de quelques minutes de l'audience du Tribunal de New-York du 6 Juin!
Peut-être dire à Monsieur le Juge que c'est lui qui apporte la déception!
Il semble avoir surtout adressé à l'Union du verbiage!
Il est vrai que ça fait après tout de la lecture aux lecteurs avides de la presse à scandales,qui lisent aussi l'Union!
nana1704
Ardennes
04/06/2011 à 22h38
Des banalités, voire des stupidités qui paraissent presque
nous prendre pour des imbéciles!!!
Nul, totalement nul cet article qui ne sert à rien du tout.
goliath08
ARDENNAIS et Fier de l'être
04/06/2011 à 19h14 | 1
Aucun intérêt !
Hayabuza08
Autour de Charleville-Méziéres
04/06/2011 à 17h46 | 1
Le juge parle......
On lis entre les lignes......
On cherche......
Que nous a apporté cet article?
Rien......
polodu02
04/06/2011 à 17h24 | 1
"mais vous comprenez que je ne peux rien dire sur l'affaire" circulez y a rien à voir sinon comment noircir du papier pour faire le buzz. lamentable.
Papounet51
04/06/2011 à 14h16 | 2
"De notre envoyée spéciale..." Mazette!!. Et tout ça pour ça???
Un clic local (depuis chez elle quoi..) sur une agence de presse ou un sur l'URL d'un confrère, un peu d'imagination et un soupçon de créativié et on en aurait appris tout autant....
Surtout vu les dizaines de "journalistes" qui y sont déjà, y en avait-il besoin d'un ou une supplémentaire?
L'originalité aurait été de n'y envoyer personne peut être?
Bon elle aura fait le voyage et la ballade et j'en suis content pour elle..
Si on fait le bilan carbonne, ça doit s'approcher de l'hélicoptère de Nicolas Hulot ou de l'aute Artus Machin...
Qu'on me demande de lever le pied lorsque notre air local est pollué, vous allez voir!!!!
ficelle 02500
picardie
04/06/2011 à 13h54 | 1
Quel interêt cet article ???
french_redneck
04/06/2011 à 13h04
Les journalistes français, respectueux de la présomption d'innocence ; Bien évidemment, puisqu'une loi leur impose. Une loi de circonstance voté par des députés, lorsque "des leurs" avaient à ce moment là des embrouilles....
Commentaires anonymes
04/06/2011 à 12h56 | 1
ça nous apporte quoi comme info cet article ???? RIEN !!!!
allaur
04/06/2011 à 12h55
Qu'on ne se leurre pas c'est un politicien de renom donc pour ces gens tout est mis en oeuvre pour les innocenter, par contre un simple citoyen n'aura aucune pitié, on ne cherchera pas à savoir le pourquoi du comment on le condamnera sans autre forme de procès, et encore en attendant son procès on le laissera en prison, je ne souhaite pas que DSK soit coupable mais tout ce que je demande c'est qu'il soit jugé comme tout le monde
Alain Schydlowsky
Chàlons-en-Champagne
04/06/2011 à 12h54
Que penser d'un juge -probablement pince sans rire-qui évoque si ironiquement que ce soit,cela ne fait aucun doute" Paris la nuit" avec la contribution heureusement aussi brève qu'insignifiante d'une certaine Carla B.et dont la pauvre production est emblématique de la décadence dramatique de Monsieur Allen.
Une manière comme une autre de dire aux "journalistes" ce qu'il pensait de la France.
Il est certains que si les "échantillons" non représentatifs dont il dispose sont les seuls ,aucun commentaire plus intelligent n'est possible.
Ceanna
04/06/2011 à 12h40 | 1
Pour une fois que les Américains défendent une personne "de couleur"...
Si, à la place de DSK, c'était un sénateur américain, je ne suis pas sûre que tous auraient autant confiance en cette personne...
Ceci dit, je ne sais rien de la vérité, comme tout le monde, sauf 2 personnes !
sebreims
Epernay
04/06/2011 à 12h17
Franchement !!!????
Quel intérêt ???
LeJeûneur
04/06/2011 à 12h08
Je suis trop content qu'un politique rende de ses actes devant la Justice, comme n'importe quel citoyen. Des apparatchiks controlant toutes les institutions en France, ça n'aurait pas été possible ici.
Les États-Unis oont bien des défauts, mais il y a des bons points qui font la différence avec de vieux pays comme la France.
HAWK51
je veille
04/06/2011 à 11h05
Pour certainement et peut-être relever le défi, on constate qu'il s'agit là de deux journalistes femmes qui espèrent puiser de nouvelles informations fraîches sur les lieux "dudit crime". Bien entendu, il est souvent plus facile de porter de vrais jugements quand on est directement sur place. Et non, depuis un autre continent, d'où l'on pourrait innocemment faire l'éloge d'éventuels sentiments d'honnêteté pour la personne qui, d'ailleurs et souvent, ne lui correspondent pas forcément. Loin du coeur, loin des yeux, alors...........