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Le fichier Edvige, version édulcorée

Publié le mardi 16 septembre 2008 à 01H00


La ministre de l'Intérieur a « bien l'intention de modifier  un certain nombre de choses ».

La ministre de l'Intérieur a « bien l'intention de modifier un certain nombre de choses ».

Angel Garcia - l'Union de Reims


Michèle Alliot-Marie est résolue à réduire le champ du fichier de police controversé Edvige après la phase de concertation entamée la semaine dernière, tandis que la gauche réclame son retrait pur et simple.
La ministre de l'Intérieur a « bien l'intention de modifier un certain nombre de choses », a indiqué le président de la Licra, Patrick Gaubert, reçu hier avec le président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité), Louis Schweitzer, et le vice-président de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), Francis Szpiner.
Selon M. Gaubert, le fichage de l'orientation sexuelle et de données sur la santé n'est plus à l'ordre du jour. « Ca, c'est terminé on n'en parlera plus », a-t-il assuré. « Il y a trop de mélanges des genres, entre la responsabilité syndicale, religieuse, associative, la ministre va réfléchir pour peut-être un peu plus sectoriser les choses. » Les données sur les « orientations sexuelles », celles « relatives à la santé », voire le « fichage des personnalités » pourraient passer à la trappe, selon des sources à l'UMP. Ou, à tout le moins, être atténuées dans la formulation avec, par exemple pour les deux premières données, la simple évocation d'une « activité militante publique », comme « président(e) d'une association de défense des homosexuels ».
Quant au « fichage des personnalités », qui figurait déjà dans le décret de 1991 du gouvernement d'Edith Cresson portant création du fichier des ex-Renseignements généraux (RG), dont est issu Edvige, « tout le monde ne demande pas sa suppression », soulignait-on Place Beauvau. Mais des sources à l'UMP affirmaient dès la semaine dernière que ces données devraient être supprimées.
Le fichage des mineurs de plus de 13 ans « susceptibles » de troubler la sécurité ou l'ordre public devrait être maintenu, mais limité dans le temps, comme l'a proposé la ministre avec le « droit à l'oubli ».
Ce délai pourrait être « de 3 à 5 ans », selon Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), également reçu par la ministre.
Comment changer Edvige ? La solution du décret s'impose car c'est par cette voie que le fichier a été créé, et il ne peut donc être modifié autrement, d'après le ministère de l'Intérieur, qui vante aussi la rapidité du procédé.
Car le président Nicolas Sarkozy avait exigé jeudi « une solution dans les tout prochains jours ».
Il faut garder « tout ce qui est nécessaire à la sécurité des Français », et « enlever », avait-il dit, « tout ce qui n'est pas indispensable ».
Mais certains réclament une solution législative, passant donc devant le Parlement. Hier, le PS a demandé un « débat législatif ».

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