Publié le vendredi 11 décembre 2009
AU trop, au galop, au polo… le dopage se répand sur la planète équestre plus vite qu'une épidémie de grippe. Les autorités sportives françaises comme la Fédération nationale des courses françaises ou la Fédération des sports équestres accentuent les contrôles mais des tricheurs persistent et gagnent parfois.
Les produits s'appellent hormones de croissance, stéroïdes anabolisants, corticoïdes… à se demander si certains n'ont pas confondu hippodrome avec vélodrome.
Pas un mois sans que le laboratoire de Verrières-le-Buisson (lire par ailleurs) où convergent 27 000 échantillons de sang et d'urine dans l'année, ne mette en garde le monde feutré du cheval. « Pour la première fois, nous venons de mettre en évidence, à l'occasion de l'analyse d'un des prélèvements biologiques, la présence de dantrolène, un myorelaxant prohibé ». « Pour la première fois, nous venons de mettre en évidence… la mepivacaïne, un anesthésique…. l'étodolac, un anti-inflammatoire… le meloxicam… » La liste est interminable. A croire que certains jockeys ou cavaliers chevauchent des armoires à pharmacie !
Bizarrement, si les cas de dopage dans le cyclisme ou l'athlétisme font les gros titres, le scandale des chevaux survitaminés reste confiné au milieu des connaisseurs.
Gérard Larcher, le président du Sénat, ancien vétérinaire de l'équipe de France de saut d'obstacles, a avoué au détour d'une interview avoir eu « la seringue facile » notamment aux JO de Montréal en 76 où la France a décroché une médaille d'or. Personne ne s'en est ému.
Même les plus grands champions
Le dopage des chevaux a vraiment éclaté au grand jour lors des jeux Olympiques de Pékin 2008. Le cavalier allemand Christian Ahlmann, dont le cheval est contrôlé positif à la capsaïcine, a été suspendu huit mois. Il est accusé d'avoir enduit les jambes de sa monture d'une pommade hyper sensibilisante interdite en compétition parce qu'elle pousse le cheval à éviter les barres.
Dans le même temps, le quadruple champion olympique Luydger Beerbaum, présent lui-aussi à Pékin, a jeté le trouble en déclarant : « Est permis ce qui n'est pas trouvé. » La Fédération nationale allemande l'a aussitôt suspendu et dissous les équipes olympiques de saut, de dressage et de concours complet.
Autre tricheur et non des moindres : le Brésilien Rodrigo Pessoa, une star de la discipline, champion olympique en 2004. Son cheval s'est révélé positif à la nonivamide, un anti-douleur.
Les cas sont innombrables. Même les proches de la princesse Haya de Jordanie, présidente de la Fédération internationale d'équitation, se retrouvent dans la tourmente. Le cheval de son mari, le cheik Al Maktoum a été contrôlé positif lors d'une épreuve d'endurance. La très récente volonté de la FEI d'abandonner le principe de tolérance zéro et d'autoriser l'aspirine, le flunixine et la phénybultazone fait scandale depuis quelques jours.
C'est finalement dans les courses à Paris, notamment françaises, que la lutte anti-dopage est la plus intensive. Le pire, pour le PMU, serait de perdre la confiance des 6 millions de turfistes français. Malgré un contrôle très renforcé, de prestigieux entraîneurs se font régulièrement piéger. A l'instar de Jean-Marie Porzier, l'un des entraîneurs vedettes du galop, qui vient seulement de retrouver sa licence après quatre ans de suspension.
Il attend d'être renvoyé en correctionnel l'année prochaine.




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