Publié le mardi 28 juin 2011 à 10H30 - Vu 815 fois
Le couple habitait cette petite maison aux volets bleus avec ses deux enfants, Maxime, 9 ans, et Camelia âgée de 13 ans.
Hier matin, à Inor, dans la Meuse, un homme de 56 ans a tué son épouse à coups de masse, avant de s'en prendre à ses deux enfants. L'un d'eux se trouve dans un état critique. L'homme s'est ensuite suicidé.
C'EST absolument à n'y rien comprendre. Le terrible drame qui s'est joué hier matin, peu avant 7 heures, dans cette petite maison aux volets bleus située juste à l'entrée de la commune d'Inor (Meuse), à une dizaine de kilomètres seulement de la « frontière » ardennaise, a laissé tous les habitants de ce village de 250 âmes sans voix.
Jean-Michel Dormoy, 56 ans, qui habitait avec son épouse Chantal, au 68 de la rue Principale depuis une dizaine d'années, a été pris d'un accès de folie meurtrière digne des pires films d'horreur.
Pour une raison qui échappe totalement à l'entendement, il s'est saisi d'un merlin (masse biseautée d'un côté servant à fendre le bois) puis s'est rendu dans la chambre de son épouse qui, vraisemblablement, était encore endormie, et l'a frappée de plusieurs coups à la tête. Il est ensuite entré dans la chambre de son fils Maxime, âgé de 9 ans, qui lui aussi devait dormir, et l'a à son tour frappé à la tête, les laissant tous deux inanimés dans leurs lits.
Pronostic vital engagé
Jean-Michel Dormoy n'en avait pas pour autant fini. Il pénétra dans la chambre de sa fille Camélia, 13 ans. Par « chance », la petite avait sans doute entendu du bruit et s'était réveillée. Toujours est-il qu'après avoir essuyé un coup qui l'a blessée au niveau du crâne et au bras, elle a pu s'échapper de la maison. Terrorisée, elle s'est mise à courir jusqu'à l'autre bout de la commune pour se réfugier chez une mère de famille, dont les enfants sont ses camarades d'école. C'est cette dame qui donna l'alerte peu après 7 heures du matin.
Lorsque gendarmes et secouristes arrivèrent sur les lieux du drame, l'homme avait pris la fuite au volant de sa Peugeot 306 bordeaux, abandonnant l'arme du crime sur l'un des lits. Bizarrement la maison ne souffrait d'aucun désordre. En montant à l'étage, ils découvrirent le corps sans vie de Chantal Dormoy. Le petit Maxime a quant à lui été transporté par hélicoptère dans un service de neurochirurgie de Nancy, où il se trouvait toujours dans le coma hier soir. Son pronostic vital restait engagé. Moins gravement blessée, Camélia a été admise à l'hôpital de Verdun.
Les gendarmes de la compagnie de Verdun, épaulés par leurs homologues de la brigade des recherches, mais aussi d'une équipe cynophile et de l'hélicoptère de Nancy, ont ensuite déployé les grands moyens pour tenter de retrouver le meurtrier en fuite. Sa voiture fut repérée dans le courant de la matinée par l'hélicoptère de la gendarmerie.
Le véhicule n'était en fait pas bien loin puisqu'il se trouvait stationné en bordure de Meuse, à une centaine de mètres du camping « Les Bouleaux », tout près du coin de pêche qu'avait l'habitude de fréquenter Jean-Michel Dormoy. Les clés étant restées sur le contact, il fut rapidement envisagé que l'homme avait pu mettre fin à ses jours. Son corps fut effectivement repêché par les plongeurs aux alentours de 16 heures à environ 1 kilomètre en aval de l'endroit où avait été retrouvée sa voiture.
Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à la mairie d'Inor, le procureur de la Meuse, Yves Leclerc, a précisé : « L'auteur n'a laissé aucun mot pour expliquer son geste. Il ne semble pas que l'alcool soit à l'origine du drame. Nous n'avons pas non plus trouvé d'antidépresseurs dans l'armoire à pharmacie. Ce couple était absolument inconnu de la gendarmerie. Il menait une vie modeste et discrète, sans particularité aucune ».
O.R.
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