Publié le samedi 09 avril 2011 à 11H00 - Vu 72 fois
L'ancienne secrétaire d'État Rama Yade a annoncé hier sa démission de l'UMP pour accompagner « une page de l'histoire politique ».
LE président du Parti radical, qui avait quitté le gouvernement en novembre dernier après avoir été un temps pressenti pour le poste de Premier ministre, a annoncé qu'il s'émancipait de l'UMP. Il s'est aussi dit « prêt » à être le candidat présidentiel de la confédération des centres qu'il appelle de ses vœux.
Les regrets exprimés hier par le parti présidentiel sont assortis d'avertissements voilés le Parti radical, désormais privé d'une manne financière notable et fragilisé pour les investitures aux élections législatives de 2012.
Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a estimé que la « famille » de l'UMP devait être rassemblée.
« Est-ce qu'on doit se diviser en autant de candidats qu'on a de talents dans notre majorité ? Je n'en suis pas sûr », a-t-il ajouté.
Un responsable de l'UMP relativise : « On savait que Borloo allait faire quelque chose. On a surtout vu une volonté d'apaisement. Il n'a pas dit de choses désagréables sur le bilan du gouvernement, qu'il peut difficilement renier. »
« Pour 2012, il a maintenu l'ambiguïté. Mais 2012, c'est à la fois très proche et très loin, il peut encore se passer beaucoup de choses. L'UMP reste sur la position que la droite et le centre doivent être rassemblés autour d'un seul candidat, dès le premier tour », a-t-il dit.
L'ex-ministre de l'Écologie entend incarner « l'aile sociale » de la majorité en réunissant la nébuleuse centriste.
Selon Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical, il prendra sa décision sur une éventuelle candidature « avant l'été ». Mais d'autres ambitions personnelles existent au centre.
François Bayrou, qui recueillit plus de 18 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2007, aspire toujours à l'onction des urnes, Hervé Morin jauge ses chances et Dominique de Villepin, président de République solidaire, est tenté par une chevauchée en solitaire.
« Hémorragie de militants »
Depuis la présidentielle de 2007, les élections intermédiaires ont mis en évidence un espace politique vierge au centre-droit qui aurait tendance à « se gauchiser » selon les enjeux.
Une offre politique au centre, face à une UMP qui se droitise en mettant l'accent sur la sécurité, l'immigration et l'islam, porte en germes les risques d'une dispersion semblable à celle qui avait été fatale, à gauche, au socialiste Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002.
L'ancienne secrétaire d'État Rama Yade a annoncé hier sa démission de l'UMP. D'autres défections suivront-elles en nombre ? À l'UMP, on en doute et on note que tous les radicaux ne sont pas sur la même ligne que leur chef.
Ainsi le président de la fédération de Paris du PR, Patrice Gassenbach, estime-t-il que Jean-Louis Borloo « a mis la charrue avant les bœufs ».
« J'ai entendu dire Borloo qu'il avait envie d'y aller, mais entre avoir envie d'y aller et y aller, il y a un espace », a dit le député radical Jean Leonetti. « Je crains que l'on ne casse la famille politique […] avec une stratégie de rupture, avec comme risque de faire perdre notre propre camp ».
Mais pour un autre responsable de l'UMP d'obédience radicale, la rupture est inévitable.
« On assiste à une hémorragie de militants, sympathisants, et même d'électeurs de sensibilité centriste qui ne supportent plus la droitisation de l'UMP », dit-il. « Le président de la République devrait se demander pourquoi il en est là dans les sondages. »
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