Publié le mercredi 10 août 2011 à 11H00 - Vu 398 fois
Dans les dossiers de Michel Sapin et François Hollande, une réforme fiscale pour 2012.
La proximité de l'élection présidentielle conduit les « prétendants » socialistes, Hollande, Aubry, Royal, Montebourg et Valls à percevoir la réalité du monde qui nous entoure par le seul prisme électoraliste. Ainsi, quand Nicolas Sarkozy propose, pour sanctuariser la signature du triple A dont bénéficie encore la France, es qualité d'Etat emprunteur, de réunir le Congrès pour inscrire dans la Constitution l'obligation de voter des budgets équilibrés, le PS s'insurge et refuse d'y voir autre chose qu'un « gadget », selon Ségolène Royal, ou « une opération de communication » pour citer Martine Aubry.
Cette fameuse « règle d'or » selon laquelle il faudrait dès 2013 voter un budget de l'Etat équilibré - une première depuis 1975 et Jean Taittinger - devrait pourtant agréer les élus socialistes qui se sont targués, lors des polémiques relatives à la réforme territoriale, de ce qu'ils étaient, eux, capables de gérer les collectivités à l'équilibre, et avec sincérité, contrairement à l'Etat. Pour mémoire, quand bien même le déficit du budget de l'Etat ne s'établit qu'à 61,3 milliards d'euros à fin juin contre 61,7 milliards un an plus tôt, selon le ministère du Budget, il faut bien admettre que depuis 36 ans les gouvernements de droite et de gauche, ont accru ce déficit budgétaire, pour ne point déplaire à l'opinion, ce qui les a conduits à financer les dépenses courantes de la nation par la dette… Quand on sait par ailleurs que l'Etat, par l'éventail des impôts et taxes à sa disposition, ponctionne environ 50 % des richesses produites en France, il est facile de comprendre que la marge de manœuvre pour un retour à une saine gestion est des plus étroites ; et que l'Etat providence français n'a pas vocation universelle avec un déficit de 148,8 milliards d'euros en 2010.
Le retour des coquecigrues et l'avènement de la Jérusalem céleste
Pour autant, en dépit de la fragilité de la zone euro et de la crise parallèle que traverse le dollar, nonobstant l'urgente démonstration de responsabilité politique qu'exigent les agences de notation pour maintenir leur garantie dans un système financier international décrédibilisé, le PS se perd en arguties et renvoie les Français à 2012, après la présidentielle, pour leur proposer, selon Michel Sapin, secrétaire national à l'économie et à la fiscalité, « une véritable réforme fiscale, pour plus de justice et d'efficacité et au service de l'investissement et de l'emploi : une fiscalité sur le revenu juste et vraiment progressive, la suppression de nombreuses niches fiscales, l'alignement de la fiscalité des revenus du patrimoine sur celle des salaires, une plus grande progressivité de l'ISF, la réorientation du crédit impôt recherche, la modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction du réinvestissement des bénéfices dans l'outil productif… » N'y manquent que le retour des coquecigrues et l'avènement de la Jérusalem céleste !
Et le PS d'affirmer : « Les socialistes ne tomberont pas dans le piège grossier que leur tend le Président de la République. Ils ne voteront pas cette fausse règle d'Or… »
Les prétendants sont tous en phase… pour ne pas être en phase avec la réalité. François Hollande déclare : « La proposition que je fais, c'est que nous réglions cette exigence de redresser les finances publiques au lendemain de 2012. Tout ce qui sera annoncé avant sera de l'affichage ». Et Martine Aubry ne dit pas autre chose : « Je préfère une vraie règle de conduite, celle que je m'engage à suivre si je suis élue Présidente de la République en 2012… » Quant à Montebourg, il décide de changer unilatéralement le monde et de mettre « sous tutelle » le système financier par anticipation, avant de soumettre les marchés « à la volonté politique des Européens », non par l'opération du saint-esprit, mais par la grâce d'une loi…
Si l'on compare le temps de réaction du PS à la vitesse de propagation des crises, financières notamment, les épargnants français peuvent réaliser à quel point leurs Livrets A, assurances vie et petites économies sont passés près de l'anéantissement en 2008…
Comme quoi, de peur de se faire piéger par Nicolas Sarkozy dont l'exécration est devenue l'argumentaire socialiste de référence, les « prétendants » sont en train de se piéger eux-mêmes, en pratiquant la politique du pire.
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