Chirurgie orthopédique Le passé plus encourageant que l'avenir

Chirurgie orthopédique Le passé plus encourageant que l'avenir

Publié le lundi 11 janvier 2010 à 01H00 - Vu 184 fois

YVES Gérard et Philippe Segal sont deux retraités heureux. Ils ont pris leur retraite après avoir vécu « de belles années » au CHU de Reims, le premier pour avoir créé le service de chirurgie orthopédique ; le second pour s'être engagé dans le sillage du premier. Un travail semble-t-il tellement bien mené que leurs anciens élèves se sont réunis samedi soir pour les honorer et leur remettre une médaille. Mais ça, c'est déjà le passé, aussi prestigieux soit-il. L'avenir est plus sombre, car la relève n'est pas pressée de se mettre au travail.
À 82 ans, Yves Gérard porte beau, le nœud papillon fièrement arboré, comme le veut la tradition. C'est lui qui a ouvert le service de chirurgie orthopédique au CHU en 1967. Lui aussi qui a créé l'école d'orthopédie à Reims et a formé une grosse quarantaine de confrères. Lui encore qui a inventé le Scoter, comme « société des chirurgiens orthopédiques de l'école rémoise », qui fait autorité en France et au-delà des frontières.
Yves Gérard a beaucoup travaillé sur la greffe osseuse et sur la chirurgie de la hanche.
Parmi ses anciens élèves et néanmoins confrères, il compte Philippe Segal. Issu d'une grande famille de trois générations de médecins rémois, le professeur Segal a été le premier assistant du professeur Gérard. Son premier agrégé aussi. Lui s'est plutôt spécialisé dans le genou.
Tous deux sont aujourd'hui à la retraite. Tous deux sont heureux d'avoir formé une génération de praticiens, qui ont donc salué leur parcours samedi soir.
Mais tous deux sont inquiets. Car la profession a du mal à recruter. En cause, le mode de vie.
« Les 35 heures ont fait des ravages dans l'organisation du CHU mais aussi dans les mentalités des jeunes praticiens qui veulent mener une vie consacrée aux loisirs autant qu'au boulot », déplore Yves Gérard.
La « judiciarisation » aussi a fait beaucoup de tort au métier de chirurgien en multipliant les procès à l'encontre des praticiens.
Alors, même si les chirurgiens issus de l'école de Reims s'assurent des débouchés par leur « polyvalence », ils sont de moins en moins nombreux à vouloir entrer dans ce sacerdoce médical, notamment dans le domaine de l'encadrement.
J.F.SCHERPEREEL

L'union l'Ardennais