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Budget / Un fort goût de rigueur

Publié le mardi 03 juillet 2012 à 08H39 - Vu 26 fois



Pour tenir ses engagements de réduction du déficit public à 3% en 2013, le gouvernement va devoir faire 6 à 10 milliards d'efforts d'ici la fin de l'année et 33 milliards en 2013. Pour les Sages de la rue Cambon, une hausse « temporaire » de CSG ou de TVA paraît « difficilement évitable ».

Priée par le gouvernement Ayrault de dresser un audit détaillé des finances publiques, la Cour des comptes l'a pris au mot, l'exhortant à actionner le levier des réductions de dépenses, même si une hausse de la TVA ou de la CSG sera, à ses yeux, « difficilement évitable ».
Quitte aussi à prendre l'exécutif à contre-pied, comme sur les effectifs de la fonction publique : le gouvernement s'est engagé à les maintenir globalement à leur niveau actuel mais selon le premier président de la Cour, Didier Migaud, cela reviendrait à bloquer le traitement des fonctionnaires.
Remis hier au Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans sa version définitive, le volumineux rapport de la Cour (250 pages) attire tout particulièrement l'attention du gouvernement sur l'année 2013, jugée « cruciale » pour l'avenir des finances publiques.

« La marche est haute »

Du retour des déficits publics à 3 % du produit intérieur brut (PIB) cette année-là dépendra dans une large mesure la possibilité pour le président François Hollande de tenir ou non son pari de ramener les finances publiques à l'équilibre en 2017, à la toute fin de son mandat.
Pour remplir son contrat en 2013, le gouvernement devra franchir une marche particulièrement « haute », a averti Didier Migaud. Selon les calculs de la Cour et dans l'hypothèse médiane d'une croissance de 1 %, il lui faudra dénicher 33 milliards d'économies ou de recettes fiscales supplémentaires.
L'ancien député socialiste juge cet effort « nécessaire et réalisable » mais au prix d'un « freinage sans précédent des dépenses publiques » et d'une nouvelle hausse d'impôts. Cet effort, relativise-t-il toutefois, serait « de même ampleur » que celui qui avait permis à la France de rejoindre la zone euro en 1997. La situation en 2012 s'annonce en revanche sous de meilleurs auspices. La Cour, tout comme le gouvernement, estime autour de 6 à 10 milliards d'euros l'effort nécessaire pour ramener les déficits publics à 4,5 % du PIB contre 5,2 % en 2011, l'engagement européen de la France.
La Cour appelle aussi à passer au crible les « dépenses d'interventions » parmi lesquelles figurent de nombreuses aides sociales et à rogner encore les niches fiscales, dont celles favorables à la restauration ou aux investissements dans l'Outre-Mer.
Dans leur rapport, les « sages » donnent pratiquement quitus au gouvernement de François Fillon pour l'exécution des premiers mois du budget 2012, coupant court au débat sur « l'héritage ». Les « possibles dépassements ne sont pas d'une ampleur exceptionnelle », observe Didier Migaud, estimant entre 1,2 et 2 milliards les mesures du gouvernement Fillon non financées ou pas suffisamment.
L'ex-ministre UMP du Budget, Valérie Pécresse, y a vu « un satisfecit pour Nicolas Sarkozy », jugeant en revanche que cet audit était un « sérieux avertissement à François Hollande qui a annoncé 20 milliards de dépenses nouvelles et a rendu l'équation budgétaire insoluble ».
 

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