Vitry-le-François / Une grenade explose Le contrôle d'identité tourne mal : cinq gendarmes blessés

Vitry-le-François / Une grenade explose Le contrôle d'identité tourne mal : cinq gendarmes blessés

Publié le vendredi 07 novembre 2008 à 01H00 - Vu 253 fois

L'affaire, pour le moins délicate, avait quasiment fait le tour de plusieurs quartiers de la cité rose hier matin.
Un contrôle d'identité, accompli par les gendarmes de Vitry-le-François dans la soirée de mercredi, a dégénéré au Hamois.
Résultat : un gendarme a été gravement blessé, quatre autres plus légèrement. L'un d'eux était toujours hospitalisé hier soir.
Les faits se sont produits aux environs de 22 heures, mercredi. Quelque 25 gendarmes venaient d'intervenir près du magasin Leclerc à Vitry-le-François où leurs véhicules avaient été caillassés : les gens du voyage installés depuis des dizaines d'années dans un camp de fortune près de là étaient soupçonnés d'avoir visité la réserve du supermarché.
De plus, un feu avait été allumé à une dizaine de mètres de la station-service.
Les gendarmes étaient donc arrivés sur place afin de rétablir l'ordre, rapidement rejoints par les sapeurs-pompiers ainsi que le sous-préfet de Vitry-le-François.
À peine l'intervention terminée, les forces de l'ordre sont appelées dans le quartier du Hamois où quatre poubelles étaient en feu. Une fâcheuse habitude dans le quartier.
Les gendarmes, toujours suivis par le sous-préfet, notent la présence d'un groupe d'une petite quinzaine de jeunes gens à proximité de ces feux.
Ils décident de vérifier l'identité de chacun. Le contrôle se serait plutôt bien déroulé avec toutes les personnes présentes excepté une, un jeune homme d'une vingtaine d'années qui aurait refusé de décliner son identité.
Selon le capitaine Besson, officier à l'Etat-major chargé de la communication, le Vitryat était éméché et faisait preuve d'agressivité envers deux gendarmes. Des faits confirmés par des témoins présents sur place.
S'approchant d'un gendarme, il aurait dégoupillé la grenade de désencerclement rangée dans la poche de veste de ce dernier.
L'objet de défense, généralement utilisé lors de manifestations par les forces de l'ordre pour éparpiller les foules, a explosé dans la poche du militaire, à même sa poitrine.
Sauvé par son gilet pare-balles, le gendarme a été gravement blessé.
Quatre autres souffrent d'un traumatisme auditif dû à la déflagration.
Les blessés ont été transportés à l'hôpital tandis que le suspect a été interpellé et placé en garde à vue.
Une version des événements qui n'est pas celle du mis en cause.
Au cours de sa garde à vue, cet ancien militaire aurait nié les faits qui lui sont reprochés.
Dans le quartier du Hamois, hier soir, ses amis et ses relations expliquaient qu'il était un garçon « plutôt gentil et calme, qui ne ferait de mal à personne ».
Les jeunes habitants précisant qu'ils se sentaient « persécutés » par les forces de l'ordre. « On ne peut jamais se réunir tranquilles », terminait l'un.
À l'issue de sa garde à vue, le jeune Vitryat sera déféré aujourd'hui devant le parquet de Châlons-en-Champagne, ce qui déterminera la suite judiciaire de l'affaire.
A.-S. Coursier

L'union l'Ardennais