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Vitry-le-François Homophobie : le concert d'Anthony B annulé

Publié le dimanche 12 octobre 2008 à 01H00 - Vu 69 fois



« Il s'agit de maintenir l'ordre public ». C'est ainsi que le maire PS de Vitry-le-François, Jean-Pierre Bouquet, a justifié l'arrêté municipal interdisant le concert de reggae d'Anthony B, aujourd'hui à 18 heures, à l'Orange bleue. Un arrêté cosigné par le sous-préfet de l'arrondissement de Vitry-le-François, Raymond Floc'h.
« Depuis que je suis maire, c'est la première fois que je suis amené à prendre une telle décision. Je n'aurais jamais pensé le faire un jour… », affirme l'élu. En cause : les propos homophobes qu'aurait tenus l'artiste jamaïquain dans la presse.
« Je dis que si mon fils est homosexuel, je le tue. Car j'ai foi en Dieu […] », aurait-il déclaré. « Anthony B est une figure de proue d'un mouvement dont les membres promeuvent la discrimination et la violence envers les gays et les lesbiennes, ainsi que l'éradication de tout ce qui ne va pas avec ses croyances, explique dans son arrêté le premier magistrat de la commune, qui cite l'analyse développée par le site « Murder inna Dancehall ». Ses concerts sont déprogrammés en Allemagne et en Suisse ».
Jean-Pierre Bouquet met également en avant l'appel des associations luttant contre l'homophobie et toutes autres formes de discriminations, à interpeller l'artiste sur scène. « Considérant que les graves violences urbaines de la nuit du 14 au 15 juin dernier et les tensions persistantes impliquent une attention soutenue s'agissant de la politique de la ville, l'interdiction de cette manifestation est la seule solution permettant d'éviter un trouble à l'ordre public ».
Dans un mail adressé aux pouvoirs publics et aux médias, le Collectif vigilance citoyenne rappelle, lui, que la ville de Reims avait déjà dû faire annuler « in extremis » en mai 2005 le concert du chanteur ragga Capleton à la Cartonnerie, en raison de « paroles homophobes de certaines de ses chansons ». « Cette situation est d'autant plus invraisemblable dans le département de la Marne, qui a vécu comme un traumatisme l'assassinat homophobe du jeune François Chenu en 2002, dans un parc de la ville de Reims », lit-on.
Contacté hier, le directeur de l'Orange bleue, Jean Perrissin, se dit « abasourdi par l'ampleur qu'a prise cette affaire ».
« Ma programmation est connue depuis le mois de juillet, souligne-t-il. Quand je programme un groupe, j'écoute ses morceaux et je regarde la qualité artistique. Les textes que développent Anthony B sur scène ne sont pas homophobes. Il ne figure même pas sur la liste noire des artistes en Angleterre ».
Quoi qu'il en soit, l'artiste jamaïquain ne se produira pas sur la scène vitryate. Et il faudra sans doute le… dédommager.
Stéphanie Gruss

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Les dernières contributions


TJENBE RED

15/10/2008 à 20h58

Affaire Anthony B : Tjenbé Rèd propose à l'Orange Bleue d'organiser un débat public sur le Reggae Compassionate Act et sur la murder music

(Tjenbé Rèd regrette par ailleurs qu'un Collectif Vigilance Citoyenne ait méconnu le Reggae Compassionate Act en usant de méthodes inappropriées contre la murder music)

Paris, le mercredi 15 octobre 2008
Communiqué de presse n°TR08SOC28

- - -

Samedi 11 octobre, un «Collectif Vigilance Citoyenne» (CVC) s'élevait contre l'arrivée du chanteur homophobe Anthony B à Vitry-le-François, dans la Marne, en exhumant les extraits choisis d'un entretien donné par ce chanteur en 2001 au magazine Reggae Massive, document qui permet de lui attribuer de manière flagrante et incontestée des propos homophobes.

* * *

Tjenbé Rèd salue cette initiative mais regrette que le CVC ait usé de méthodes inappropriées pour l'appuyer :

1°) Ainsi, le CVC estime, dans son communiqué du 11 octobre, qu'Anthony B est «plus connu pour son homophobie et ses appels au meurtre des gays que pour ses qualités artistiques». Cet argument n'est pas seulement un jugement de valeur, il est aussi inexact : Anthony B ne figure pas parmi les onze artistes visés par la campagne internationale Stop Murder Music, lancée en 2004, et le site Internet soulrebels.org, qui répertorie 207 titres de murder music, lui en attribue trois ou quatre dont un seul dont les paroles aient pu être retrouvées.

2°) Ensuite, le CVC évoque Vitry-le-François comme la «Capitale de l'homophobie» (le «C» majuscule étant d'origine). Le propos n'est-il pas excessif ? Ne pourrait-on, par exemple, avancer que Téhéran, connue pour ses pendaisons d'homosexuels, serait une «Capitale de l'homophobie» plus crédible ?

3°) Plus grave, le CVC manque de solidarité associative en s'exprimant sur la murder music sans faire état de la moindre concertation avec les acteurs mobilisés depuis des années sur le sujet comme le Jamaica Forum for Lesbians Allsexuals & Gays, le Black Gay Men's Advisory Group, OutRage!, la Fédération française des Centres LGBT (lesbiens, gais, bi & trans) ou Tjenbé Rèd. Une telle concertation aurait pourtant permis au CVC de mentionner le Reggae Compassionate Act, une charte éthique issue des communautés noires et antillaises, qui a pour objet de lutter contre la murder music en associant ces communautés et non en les excluant.

4°) On pourrait également s'étonner que le CVC rende public un document en reprochant simultanément à l'Orange Bleue, salle de concert de Vitry-le-François, de ne pas le connaître. L'entretien donné par Anthony B en 2001 au magazine Reggae Massive moisissait dans les placards depuis un septennat et n'est pas même répertorié par le moteur de recherche Google : comment la salle vitryate aurait-elle pu le connaître ? N'eût-il pas été plus simple et plus constructif, plus respectueux, dans un premier temps, d'informer cette salle de l'existence de ce document, puis, dans un second temps et le cas échéant, de regretter qu'elle n'en ait pas tiré les conséquences voulues ? En droit, cela s'appelle le principe du contradictoire. La méthode choisie n'est pas sans évoquer la recherche du scandale : «Je cogne d'abord, je demande ensuite», cela ne correspond pas à nos standards de rigueur associative.

5°) Enfin, on pourrait s'étonner de l'anonymat observé par le CVC, qui refuse de répondre à la presse, aucune association de ce nom ne semblant par ailleurs déclarée dans la Marne.

* * *

Pour ces raisons, Tjenbé Rèd estime que la démarche suivie par le CVC pour lutter contre la murder music est inappropriée ;

Demande de nouveau à la société Mediacom de s'assurer que les artistes de ragga qu'elle invite régulièrement en France soient signataires du RCA ;

Demande de nouveau aux acteurs engagés dans la lutte contre la murder music d'appuyer leurs démarches sur le RCA ;

Sollicite de l'Orange Bleue, salle de concert vitryate, qu'elle organise dans les délais les plus brefs un débat public sur le RCA et sur la murder music. Ce serait son honneur, si ce n'est sa mission, de favoriser ainsi le dialogue et la pédagogie. En effet, si la dimension homophobe, sexiste ou raciste du ragga doit être dénoncée, sa dimension sociale et identitaire ne doit pas pour autant être ignorée : pour l'essentiel, le public du ragga en France hexagonale n'est pas spécifiquement composé d'homophobes mais de personnes noires & métisses originaires de Martinique et de Guadeloupe, qui trouvent dans cette musique et ses chanteurs un lien charnel avec leurs îles d'origines, ou de personnes de souche européenne, qui viennent partager les valeurs de tolérance et d'antiracisme souvent mises en avant par leurs idoles lors de leurs tournées européennes. Priver ce public de concert sans lui proposer un échange, un dialogue, serait à vrai dire assez peu démocratique, assez peu pédagogique ; ce serait favoriser l'émergence d'un ressentiment homophobe, ce serait manquer le but.

Pour la commission Culture & Société de Tjenbé Rèd,
le président, David Auerbach Chiffrin

tassedethe.com

13/10/2008 à 11h57

Bonjour et Bravo au Maire !
Le directeur de l'Orange bleue, Jean Perrissin, devrait sans doute exercer un autre métier - à l'heure des réseaux Internet - que celui de programmer en 2008, des individus, chantres de violences homophobes et de plus réclamer dédommagement - pour promouvoir des textes d'"opinion" qui s'appellent désormais au yeux de la Loi (2004) : un Délit !
Extrait :"LOI n° 2004-1486 du 30 décembre 2004
portant création de la (HALDE) haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité -
J.O. du 31/12/2004 texte n°3 (pages 22569/22570)
- Art. 20 : Sanction pénale des provocations à la discrimination, à la haine, ou à la violence à caractère sexiste ou homophobe - Ajout d'un alinéa à l'art. 24 de la loi du 29 juillet 1881
- art. 21 : Aggravation des sanctions en matière de diffamation et d'injures publiques à caractère sexiste ou homophobe - Ajout d'un alinéa à l'art. 32 et à l'art. 33 de la loi du 29 juillet 1881
- art. 22 (1°) : Mise en en oeuvre de l'action publique en cas de diffamation ou d'injure commise envers un groupe de personnes à raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle - Modification du 6° de l'art. 48 de la loi du 29 juillet 1881
- art. 22 (2°) : Exercice des droits reconnus à la partie civile par les associations de défense des victimes des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, le sexe ou sur le handicap en ce qui concerne les délits de provocation à la haine ou à la violence, de diffamation et d'injure - Insertion des art. 48-4, 48-5 et 48-6 dans la loi du 29 juillet 1881
- art. 22 (3°) : Peines complémentaires pouvant être prononcées à l'encontre des personnes condamnées pour un délit de presse commis à raison du sexe, de l'orientation sexuelle ou du handicap - Modification du 9e alinéa de l'art. 24, du 3e alinéa de l'art. 32, du 4e alinéa de l'art. 33 et du 1er alinéa de l'art. 63 de la loi du 29 juillet 1881)"
Quant à Anthony B, et ses compères Cappleton et Sizzla... je leur propose un tour de chant "d'intérêt général"... à Paris... dans le Marais !!!
et nous, nous continuerons d'aimer la bonne musique Reggae....
La Présidente de l'association et site TASSE DE THE.

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