Publié le mercredi 07 décembre 2011 à 12H00 - Vu 991 fois
La petite a parlé de son désarroi de se retrouver avec ce drôle de papa.
La question des violences sexuelles à l'encontre des enfants reste un tabou. Une Laonnoise témoigne dans l'espoir de protéger sa fille.
«C ETTE petite est incontestablement marquée par les attouchements que son père lui aurait faits. Elle éprouve réellement une peur à l'idée de rencontrer son père, même en milieu protégé. »
En relisant le rapport d'une psychologue sur sa fille, Audrey* a les larmes qui coulent. Cette jeune maman vit dans la crainte que son mari puisse avoir la garde de sa fille un week-end sur deux et pendant les vacances. C'est un cauchemar pour elle d'imaginer Marion entre les mains d'un homme qui prend ses proches pour des objets.
Elle sent la situation lui échapper. La police, la justice, son avocate… ne l'informent pas vraiment de la procédure en cours. Pire, le mari semble mieux renseigné qu'elle, la victime.
Le mari, parlons-en. En 2009, il a mis sa femme et sa fille de 2 ans à la porte de la maison familiale.
Il a aussi été condamné à un an de prison avec sursis pour violences et agression sexuelle sur son épouse. Elle a dû se réfugier chez ses parents.
Aujourd'hui, cette prof de maths angoisse pour sa fille. La petite Marine, qui a maintenant 4 ans, a témoigné devant des policiers et un psychiatre. Elle a décrit des gestes et parlé de son désarroi à l'idée de se retrouver seule avec ce drôle de papa.
Le dossier aurait été classé sans suite, selon la mère de famille, qui se demande si les pièces ont bien été transmises.
Pour le moment, les rencontres paternelles se font dans une maison spécialisée, en présence d'éducateurs.
Audrey craint que le jugement de divorce, prévu à la mi-décembre, ne donne à nouveau l'autorisation au père de passer du temps seul avec cette petite sans défense.
Un manipulateur
« Je ne sais plus quoi faire », dit-elle entre deux sanglots sincères. Ses plaintes ne semblent pas toujours prises au sérieux. Pas plus que les paroles de l'enfant. Aucune mesure d'éloignement ne les protège, sa fille et elle.
Elle parle un peu de ses années de vie commune avec cet homme. Elle ne s'est rendu compte de rien jusqu'au mariage. Pas plus que ses parents qui, aujourd'hui, l'entourent pour ne pas qu'elle craque, pour qu'elle puisse continuer à se concentrer sur ses cours et ses élèves.
« Cet homme, on aurait dit un ange. C'était un manipulateur », confirme son père. La famille est soudée. Elle craint un enlèvement de l'enfant ou des représailles.
Audrey songe qu'il y a une semaine, c'était la journée internationale contre les violences faites aux femmes.
Marie-Christine LARDENOIS
mclardenois@journal-lunion.fr
Les prénoms ont été changés.
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