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Venu récupérer ses lunettes de soleil, l'ex part à l'ombre

Publié le samedi 22 septembre 2012 à 09H47 - Vu 584 fois



REIMS (Marne). Condamné il y a seulement six semaines pour avoir frappé son ex, un Rémois est revenu de force chez elle pour récupérer des lunettes de soleil. Direction la prison.

SORTI de la clinique médico-psychologique Henri-Ey après sept années d'hospitalisation d'office, Abdelkader Abdelkrim, 43 ans, n'a pas mis longtemps à retrouver le tribunal correctionnel de Reims qu'il avait fréquenté assidûment de 1988 à 2005. Son casier judiciaire en porte encore la trace avec 26 condamnations pour des vols, des violences, des dégradations et autres délits routiers.
Le 5 août, six jours seulement après la levée de l'hospitalisation, il s'en prend à sa concubine rencontrée neuf mois plus tôt dans l'établissement.
Il lui porte des coups de poing au visage, la jette à terre, s'assoit sur elle. Il est occupé à lui cogner la tête contre le sol quand la police arrive.
Jugé en comparution immédiate, Abdelkader Abdelkrim est averti par une peine de six mois de prison assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve. Il ressort libre, trouve un hébergement dans une chambre d'hôtel.

Par la fenêtre

Mercredi matin, l'homme revient au domicile de son ex, allée des Tourangeaux. « Je croyais que c'était quelqu'un d'autre qui frappait à la porte », explique la jeune femme. « J'ai refermé en voyant que c'était lui car j'en ai peur. Nous ne sommes plus ensemble depuis quinze jours. »
« C'est pas vrai ! Je suis chez elle tous les soirs. »
Toujours est-il qu'Abdelkader saisit une pierre qu'il balance dans les carreaux de la cuisine.
Le logement est au premier étage. Il escalade le parapet, passe par la fenêtre, insulte l'ex qui court se réfugier chez une voisine tandis que l'intrus prend ses aises dans l'appartement.
Les policiers le retrouvent assis dans le canapé, une cigarette à la bouche, un verre à la main. Il n'oppose aucune résistance.
Six semaines après sa dernière condamnation, le revoilà donc jugé à l'audience des comparutions immédiates pour la dégradation du carreau et la violation de domicile.
« Vous êtes passé il n'y a pas longtemps. C'était pour quel type de faits ? », s'enquiert la présidente.
« Je ne me souviens pas.
- Quelle avait été la décision du tribunal ?
- Je ne sais plus. »

Piqûre

Les souvenirs sont plus précis concernant la nouvelle affaire.
« Elle m'a téléphoné pour que je vienne récupérer mes lunettes de soleil chez elle car elle allait partir en psychiatrie pour deux semaines. Quand je suis arrivé, elle ne voulait plus m'ouvrir. » Pourquoi avoir insisté en passant par la fenêtre ?
« Je voulais absolument récupérer mes lunettes. Je les ai achetées 175 €. »
Le parquet réclame six mois de prison, cette fois-ci sans sursis. Pour Me Nicolas Brazy, la place de son client « n'est plus en maison d'arrêt mais dans un établissement spécialisé en raison de son lourd passif psychiatrique ». « Sa personnalité vaut autant à décharge que son casier à charge. Tous les matins, il continue de se rendre à l'hôpital pour recevoir sa piqûre quotidienne. »
L'avocat redoute qu'une incarcération provoque une rupture des soins, même temporaire, avec des conséquences préjudiciables.
Le tribunal s'est lassé de revoir Abdelkader pour la seconde fois en six semaines. Il part en prison, condamné à y purger une peine de quatre mois.
Son ex ne s'est pas constituée partie civile.

F.C.

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Les dernières contributions


HAWK51

je veille

22/09/2012 à 17h40

Après tout, quand on s'est fait piquer, on va en prison, et en prison, il peut se rassurer, il y aura de quoi se faire piquer...

lafrite

22/09/2012 à 14h38

Je crois que la justice n'a pas finie d'entendre parler de lui. Lorsqu'il sortira en janvier, il n'aura pas besoin de lunettes de soleil.
Je n'ai jamais mis 175 euros pour l'achat de lunettes de soleil. Monsieur a dit goûts de luxe, mais travaille t-il ??? (qu'elle question ?)

air2rien

22/09/2012 à 14h23

Un appartement thérapeutique en lieu fermé, ne serait-il pas plus indiqué pour cet homme visiblement pas qu'à la recherche de lunettes !

EIFFELCORRES

22/09/2012 à 13h57

Faut dire que hein, quand même... des lunettes à ce prix-là... ça coûte les yeux -au beurre noir- de la tête !

EIFFELCORRES

22/09/2012 à 13h53

les titres des faits divers de Fabrice Curlier font ma joie... Celui-ci est énorme ! Mais le sujet évidemment facilitait la vanne...

Commentaires anonymes

22/09/2012 à 13h21

"SORTI de la clinique médico-psychologique", la preuve que l’incarcération, n'est pas la solution ; N'est ce pas madame tobira.

amourange

22/09/2012 à 12h44

Sur que pour ces quatre mois a l'ombre les lunettes ne seront pas nécessaire.
Mais aussi, quand un individu est capable de s'acharner comme cela est dit au début de cette article,sur une ex,mieux vaudrais ne pas le perdre de vue parce que la prison et ,c'est mon avis ,ne calmera pas ces "accès" ...

princhon

Ce que l'on apprend pendant l'enfance est mieux gravé que dans la pierre.

22/09/2012 à 12h26

Est-ce qu'il y voit plus clair maintenant ?

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