Publié le mercredi 14 janvier 2009 à 01H00 - Vu 846 fois
« Il y a eu des dégâts parmi mes proches, ma famille ou mes collaborateurs », dénonce l'entrepreneur et président du CSSA.
Herve Oudin
CONNU pour sa double casquette d'entrepreneur et de président du club de foot de Sedan, Pascal Urano a souvent fait les gros titres de la presse locale en raison de ses multiples démêlés judiciaires. S'il se retrouve une nouvelle fois à la une, c'est qu'aujourd'hui, le voilà entièrement blanchi : au terme d'une instruction de près de six ans, le juge d'instruction de Charleville, suivant en cela les réquisitions du procureur, vient en effet de rendre une ordonnance de non-lieu dans la dernière des affaires où son nom était cité. Pour mémoire, on lui reprochait d'avoir soudoyé un adjudant de gendarmerie et un responsable de la Drire (direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) en échange de leur « bienveillance » dans l'exercice de leurs fonctions.
« Cette affaire a débuté en 2003 par la mise en examen de ces deux fonctionnaires », se souvient-il. « En 2006, j'ai été à mon tour mis en examen, à ma demande, afin de pouvoir prendre connaissance des pièces du dossier. Et j'ai immédiatement organisé une conférence de presse pour affirmer que je n'avais rien à me reprocher. Ce qui était vrai, la justice le reconnaît aujourd'hui. Mais bien qu'innocent, j'ai morflé. Les rumeurs, les bruits, la médiatisation… : toute l'instruction s'est déroulée en public et il y a eu des dégâts parmi mes proches, ma famille ou mes collaborateurs. » A la tête d'une concession automobile et d'une entreprise de travaux publics, soit près de 1.000 salariés au total, Pascal Urano évoque également des retombées plus tangibles, comme des partenaires financiers qui se posent des questions ou une chute de sa cote de confiance auprès des sociétés de crédit.
C'est d'ailleurs la piste économique que retient l'entrepreneur pour expliquer les multiples embûches judiciaires qui ont parsemé son parcours ces dernières années.
« Ma réussite, que ce soit dans le BTP, le foot ou les voitures, dérange beaucoup de monde. Il faut pas oublier que je suis le fils d'un émigré italien. Ici, on cultive le misérabilisme dans le but de niveler tout ce qui dépasse. A partir de là, quand j'ai commencé à trop faire parler de moi, il y a eu une conjonction qui s'est matérialisée pour m'abattre. On y retrouve des personnalités locales des mondes politique et économique. Des concurrents aussi, que ce soit du BTP ou de l'automobile. En faisant donner la justice, ils avaient la certitude de découvrir un vaste système de corruption généralisée. Ils ont fouillé partout, soulevé tous les tapis. Et au final, c'est un non-lieu. » Après le qui et le pourquoi, reste une dernière question : et maintenant ? « Tout ça m'a pris beaucoup de temps, d'énergie et a généré une grande frustration. J'ai même pensé à aller voir ailleurs, à placer mes activités sous d'autres cieux. Pour le reste, disons que j'ai une idée assez précise sur un certain nombre d'esprits malveillants auxquels je vais consacrer toute mon attention. »
Jean-Claude Roussel
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« Un roitelet mal élevé »
Pascal Urano a été l'objet de nombreuses critiques ou accusations. Dont certaines lui restent encore en travers de la gorge. « Comme ce commerçant, ancien vice-président du conseil régional, qui trouve scandaleux que j'incite mes clients à acheter des Mercedes. Alors que lui propose des cartes de fidélité dans son magasin… » Certains surnoms ont également du mal à passer, à l'instar de ce « roitelet mal élevé » dont l'a affublé l'un de ses détracteurs. Sans parler des rumeurs qui se sont propagées, qu'elles aient été ou non colportées volontairement : « On a dit que je faisais physiquement descendre ceux qui me gênaient, que j'avais un compte au Luxembourg ou que je portais des valises pleines de billets pour Chirac. De toute façon, à partir du moment où j'avais réussi, ce ne pouvait être qu'à la suite de magouilles ».
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