Publié le mardi 09 février 2010 - Vu 65 fois
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Manessa terrien
EN moyenne, un cas tous les deux jours. Depuis le 1er janvier, les gendarmes de Vitry-le-François ont été amenés à intervenir dans quatorze foyers de l'arrondissement vitryat en raison de violences familiales.
Le phénomène semble si fréquent qu'une brigade de gendarmerie dédiée - dite de protection des familles - a été mise en place à Vitry. Le lieutenant Alavoine, responsable de la brigade, confirme le constat : « L'année dernière, nous avons effectué 239 interventions dites de crise, souvent en pleine nuit. Sur place, il s'agit d'apprécier la dangerosité du couple pour désamorcer la crise afin d'éviter des tragédies ».
Des femmes battues en majorité
La cité rose semble particulièrement touchée par ce fléau : « Vitry possède 75 % de logements sociaux, un chômage élevé, sans compter les problèmes d'alcoolisme. Les gens vivent 24 heures sur 24 ensemble sans sortir. Cela n'explique pas tout, mais cela joue », suggère Vanessa Bondon, travailleuse sociale de l'association Le Mars, qui rencontre et soutient les victimes en collaboration avec les gendarmes.
Les violences conjugales, qui demeurent la majorité des cas recensés (voir encadré), appellent un travail de longue haleine pour l'équipe. « Les femmes battues ne portent pas plainte tout de suite. Par peur des représailles, pour les enfants, mais aussi par amour. Elles culpabilisent énormément. Certaines me disent même que c'est normal qu'elles aient été frappées puisqu'elles ont brûlé le repas », explique le gendarme Lysiane Blasius.
Un départ programmé
Sept, huit, voire dix interventions sont nécessaires avant qu'elles ne franchissent le pas du dépôt de plainte et de la rupture. L'accompagnement durant cette période s'avère donc primordial, insiste Vanessa Bondon : « Le plus important, c'est de garder le lien avec la victime. On l'appelle même cinq minutes pour qu'elle sache qu'on la soutient. Parfois, il faut être très discret et inventer des stratagèmes pour que le compagnon ne se rende compte de rien ».
Ce sont souvent les victimes qui quittent le domicile, avec plus ou moins de difficultés : « On pratique peu l'éviction du conjoint du foyer comme le permet la loi. Les femmes, sachant que les auteurs connaissent leur lieu d'habitation, ne sont pas rassurées. Elles préfèrent aller dans la famille, quand elles le peuvent », détaille le gendarme Blasius.
Restent les foyers d'accueil mais les places sont rares donc les délais longs : « 15 jours en moyenne », indique Vanessa Bondon. « Entre-temps, on prépare tous les documents nécessaires à la victime : on change son numéro d'allocataire à la Caf, on demande des dossiers d'aide financière ». De quoi s'assurer d'un départ discret et d'un début d'autonomie pour ces femmes qui doivent se reconstruire.
Manessa TERRIEN
Gendarmerie de Vitry-le-François : tél.03.26.62.36.19. Association Le Mars : tél.03.26.22.68.83.
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