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Un militaire de Mourmelon poignardé : trois jeunes jugés

Publié le vendredi 29 janvier 2010 - Vu 1378 fois



D'un côté, quinze militaires du 501e et 503e régiment de chars de combat de Mourmelon ; de l'autre, trois jeunes Maghrébins et deux de leurs copains. Il est un peu plus 2 heures du matin en cette fête de la musique bien arrosée, le 22 juin 2007. La bande de militaires sort du « Prologue », un bar de la place d'Erlon à Reims. Un regard mal perçu, un mot de trop… : la bagarre éclate entre les deux groupes.

« Plus de violence à Reims qu'au Liban »

Coups de pied, coups de poing, coups de tessons de bouteille mais aussi coup de couteau… La rixe est très violente. Les commerçants voisins et les témoins appellent la police. La confusion la plus générale règne à l'arrivée des patrouilles.

En tout, dix personnes sont blessées, dont un militaire grièvement. Il a pris un coup de couteau qui a atteint son foie.

L'affaire vient de passer en jugement devant le tribunal correctionnel de Reims. Me Billy, pour la défense des militaires, a réclamé des expertises médicales pour certains d'entre eux. « Je croyais que la musique adoucissait les mœurs, mais à Reims, les violences ont été incroyables. Ces militaires revenaient du Liban et ils ont trouvé plus de violence à cette fête de la musique que sur leur terrain militaire à l'étranger. »

Le substitut du procureur de la République, Jocelyn Poul, a une vision identique du dossier, même s'il reconnaît que certains témoignages comportent des « ambiguïtés ». Mais, selon lui, « il ressort de tous les témoignages que les trois prévenus ont participé à cette scène de violence ».

Il rappelle que parmi les dix victimes, certaines ont eu des incapacités de travail allant jusqu'à 21 jours. « Tout ça pour un regard ou un mot de travers. Tout cela sur fond d'alcool… » Il requiert un an de prison dont huit mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans à l'encontre des deux frères L., Abdelkader et Mustapha, et dix-huit mois de prison dont dix avec mise à l'épreuve contre le troisième prévenu, Toufik Khalem, 27 ans.

« Pas dans la fanfare ! »

Avocat de la défense, Me Vincent Nicolas pense, pour sa part, que « l'accusation ne peut pas tenir ». Il s'interroge, comme son confrère Me Pascal Ammoura, sur la crédibilité des militaires. « On a d'un côté quinze militaires aguerris, qui rentrent du Liban où, franchement, ils ne faisaient pas partie de la fanfare ! »

Les deux avocats rappellent que les militaires « ne buvaient pas du thé au Prologue ! » Pour Me Nicolas, « ce n'est pas mon client, qui fait à peine 1 m 65, qui est allé chercher la bagarre à quinze militaires, mais bien l'inverse ».

Me Ammoura va plus loin : « Cette nuit-là, les militaires, qui avaient bu, ont cherché les « petits bougnoules », c'est comme cela qu'ils les ont appelés ». Les deux avocats ont plaidé la relaxe des trois prévenus.

Le tribunal a condamné les deux frères à des peines de prison avec sursis. Toufik Khalem a écopé d'un an de prison dont huit mois avec sursis et mise à l'épreuve, avec obligation notamment de travailler.

Cette peine couvre la détention provisoire qu'il a déjà effectuée. Les trois Rémois devront indemniser les militaires qui ont été blessés.

Patricia BUFFET

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