Publié le dimanche 03 mai 2009 à 01H00 - Vu 78 fois
Après homicide à coups de hache et dissimulation du cadavre dans la cave, cette affaire a vu l'arrestation de quatre personnes.
Herve OUDIN
«DEPUIS ce matin, les gens qui passent dans la rue n'arrêtent pas de ralentir devant la maison pour regarder ; c'est assez agaçant à la fin, on a l'impression d'être dévisagé… »
On se met à sa place de ce brave tondeur de pelouse qui a la malchance de résider au 16 de la rue Gabriel-Péri à Tinqueux, dans la banlieue immédiate de Reims, soit juste à côté du 18, le pavillon dont on vient d'apprendre qu'il a été le théâtre d'un drame hors du commun : un homicide à coups de hache par la victime d'une séquestration, puis dissimulation du cadavre sous une dalle de béton dans la cave. En fin de compte, quatre personnes ont été interpellées* (voir aussi notre édition d'hier).
Le petit carton qui fait la différence
Mais on se met aussi à la place des automobilistes de passage (nombreux sur ce grand axe de la commune) qui se demandent sans doute si le 18 présente une caractéristique particulière le prédisposant à abriter de telles horreurs. Ils auront constaté que non : derrière sa grille verte nette, avec ses volets de bois clos, son crépi propre et ses poubelles gentiment rangées le long de la façade, la maison du crime n'attirerait sûrement pas l'œil sans la médiatisation dont elle a fait l'objet.
Seul un petit détail, peut-être, contredirait cette impression de lieu très ordinaire : un petit carton fixé à la porte du garage par des scellés rouges. Ceux qui disposent d'un œil particulièrement aiguisé ou d'un téléobjectif performant, peuvent y lire : « Affaire Quentin Alexis, homicide volontaire. La maison appartenait au nommé Quentin Alexis, 18, rue Gabriel-Péri à Tinqueux », le tout à l'en-tête de la direction générale de la police nationale.
Il s'est donc bien passé des choses pas banales dans ce pavillon, ce qui ne manque pas d'alimenter les conversations dans la commune : « Les clients ne parlent que de ça », confirme la jeune vendeuse de la boulangerie située un peu plus bas dans la même rue.
Mais que peuvent-ils bien dire à part ce que les médias ont rapporté ? Les habitants du 18 ne semblaient, en effet, pas plus connus que ça. Le nom de Quentin ne dit rien au voisin du 16 (le tondeur de pelouse), qui confirme toutefois le prénom d'Alexis ; et la sonnette porte un autre nom, celui de Mme Christian Nicolas… Il faudra probablement attendre encore quelques compléments d'information de la part du parquet pour mieux cerner les identités des protagonistes.
Antoine PARDESSUS
*Un des motifs des mises en examen a pu surprendre dans notre édition d'hier : séquestration sans libération avant le septième jour ; il ne s'agit pas d'une erreur : même si les deux individus séquestrés l'ont bien été pendant un peu plus de deux jours seulement au maximum, le chiffre sept compte moins, du point de vue du code pénal, que l'absence d'intention de relâcher les deux victimes de la part des agresseurs.
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