Six ans de prison au tireur de Bernon

Six ans de prison au tireur de Bernon

Publié le jeudi 01 avril 2010 à 09H48 - Vu 138 fois

Cour d'assises d'appel. Rejugé en appel à Troyes pour deux coups de feu tirés lors d’un différend sur fond de trafic de drogue, un jeune Sparnacien de Bernon a été condamné à six ans de prison. L’intention de tuer n’a cependant pas été retenue par la cour d’assises.

LE verdict est tombé hier soir. Après trois jours de procès, les jurés de la cour d’assises d’appel de l’Aube ont condamné à six ans d’emprisonnement Mustapha Yusufoglu, ce jeune Sparnacien accusé d’avoir tiré au fusil de chasse sur un ouvrier vigneron en marge d’un trafic de stupéfiants implanté à Bernon (notre édition de mardi).
La peine est lourde, mais c’est finalement un moindre mal car la cour d’assises, comme celle de la Marne en septembre 2008, a écarté la « tentative d’assassinat ». Les jurés ont estimé que Mustapha Yusufoglu, 25 ans, n’avait pas eu l’intention de tuer Mickaël Taymont, 24 ans, frôlé par une balle de gros gibier devant son domicile d’Orbais-l’Abbaye, dans la nuit du 23 au 24 septembre 2003.
L’accusation soutenait le contraire. Elle avait requis onze ans de réclusion criminelle à Reims, dix ans à Troyes. Requalifiant les faits en « violences volontaires avec arme », comme le demandait son avocat, Me Simon Miravete, Mustapha Yusufoglu a cependant écopé d’une peine plus lourde : il avait pris quatre ans et demi de prison lors du premier procès.
Ses trois camarades de Bernon jugés avec lui pour « tentative de complicité d’assassinat » ont obtenu du même coup une requalification en « complicité de violences volontaires avec arme ». Condamné à Reims à quatre ans et demi de prison, dont un avec sursis, Recep Delikaya a vu sa peine porter à six ans ferme. Condamnation inchangée pour Mamadou Sakho : deux ans dont un ferme. En revanche, le chauffeur de l’expédition punitive, Davy Crémont, acquitté à Reims, a lui aussi été condamné à deux ans de prison dont un ferme.

Menaces de mort par SMS

Cette nuit du 23 au 24 septembre 2003, Mickaël Taymont s’était retrouvé mêlé à une histoire qui ne le concernait pas. Sa petite amie de l’époque avait été envoyée en Belgique par Mustapha Yusufoglu pour ramener de l’héroïne. Les douaniers lorrains l’avaient arrêtée sur le chemin du retour avec 114 grammes. Elle avait été écrouée.
Sans nouvelle de la jeune femme, Mustapha Yusufoglu eut la conviction d’avoir été arnaqué. Il commença par lui envoyer des menaces de mort par SMS : « Si tu n’appelles pas, la maison de tes parents et la tienne prendront feu », « Toi et tes parents vont recevoir une balle dans la tête »…
Il se décidait finalement à fomenter une expédition punitive à Orbais-l’Abbaye, pour « impressionner » Mickaël Taymont, a-t-il dit, afin d’obliger sa petite amie à restituer la drogue et l’argent.
L’ouvrier vigneron ignorait tout du différend. Il fut réveillé en pleine nuit. A peine avait-il ouvert que Mustapha Yusufoglu tirait un coup de fusil qui se perdait à l’intérieur de la maison. Il en tirait un deuxième sur la vitre de la porte d’entrée refermée précipitamment par la victime.
Recep Delikaya, 26 ans, se trouvait à ses côtés. Les deux autres accusés étaient restés à l’écart. Le groupe repartait ensuite à Bernon.
Une affaire peut en cacher une autre. Ce différend réglé à coups de fusil avait permis de mettre au jour le trafic de stupéfiants dans lequel trempait Mustapha Yusufoglu. Jugé avec les autres membres du réseau en octobre 2009, il a pris quatre ans ferme. Il a fait appel.

F.C.

L'union l'Ardennais