Publié le mardi 11 septembre 2007 à 01H00 - Vu 99 fois
«ILS ont tué ma Zouzoute » : face au correspondant de notre journal, à Signy-l’Abbaye, Dominique est blême, presque au bord des larmes. Il finit malgré tout par s’expliquer : « Le sanglier dont vous parlez dans le journal de dimanche, c’est le mien. Je l’avais recueilli dans une de mes pâtures il y a quatre ans ».
Vendredi soir, l’animal s’est aventuré dans le village. Un habitant de la Vieille Voye de Rethel l’a aperçu peu après 19heures. Un petit attroupement s’est même formé autour de cette laie de près de 100 kg lorsque celle-ci a commencé à manger le pain qu’on lui proposait. Vers 20heures, un agent de l’Onf assermenté a fait évacuer les enfants et a abattu l’animal. « Avec sauvagerie », accuse Dominique, qui a compté neuf impacts de balles sur la dépouille, le lendemain matin.
« Il lui tirait trois balles dans le ventre, puis recommençait trente minutes après. Ça a duré près d’une heure et demie. Le sanglier restait debout ».
Dominique a rendez-vous aujourd’hui avec un responsable de la société protectrice des animaux pour dénoncer ce qu’il considère comme un acte de cruauté.
« Zouzoute vivait dans la ferme. Elle jouait avec mes deux chiens. Je l’avais trouvée dans un champ, sa mère avait dû être tuée à la chasse. On n’a jamais eu de problème avec elle. Je l’emmenais en promenade sur mes terres, comme un chien ».
Maladresse
Dominique sait bien sûr qu’il n’avait pas le droit d’héberger un sanglier, même apprivoisé. Mais visiblement, de nombreux habitants étaient au courant de la présence de cette laie chez lui. Il était absent lorsque l’animal s’est échappé de la ferme.
« On m’a dit qu’une voiture s’était arrêtée et que le sanglier l’avait suivie jusqu’au village. Le pire, c’est que quand ils l’ont tué, j’étais à 200 mètres de là ».
Directeur de l’office national des forêts, Etienne Delannoy rappelait, hier soir, que son agent avait agi dans le strict respect d’un arrêté préfectoral du 21août 2006. Lequel autorise les agents assermentés à « capturer ou à abattre […] tout animal nuisible ou soumis au plan de chasse présentant un comportement suspect ou dangereux à l’égard de l’homme, un risque pour la sécurité publique ou un phénotype anormal néfaste à la pureté de l’espèce ».
Pour autant, le directeur de l’Onf concède que l’agent a fait preuve de maladresse en utilisant son arme de service pour abattre l’animal, après avoir tenté vainement d’entraîner celui-ci à l’extérieur du village.
A Signy-l’Abbaye, l’affaire fait en tout cas grand bruit. Dans la journée de dimanche, des pancartes sont apparues au carrefour de la rue de Rethel et dans la Voye de Rethel. Avec ces inscriptions : « Attention, tir à balle, danger ».
Bernard Giraud (avec notre correspondant Christian Damerose)
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