Publié le mardi 09 février 2010
Hier, l'homme accusé d'avoir crevé l'œil de son voisin, à coup de manche de pioche, le 31 janvier à Séry-lès-Mézières, comparaissait devant les juges du tribunal correctionnel de Saint-Quentin. Une demande de précision d'ordre médical a entraîné le renvoi de l'affaire au 30 mars. L'avocat de la partie civile a indiqué, à la cour, que son client risquait de perdre l'usage de son second œil. Sa compagne est venue témoigner à la barre : « Mon conjoint dit avoir des picotements dans l'œil, il voit trouble. Il n'arrive même pas à prendre un verre d'eau. Les médecins qui le soignent n'ont pas encore trouvé les causes de ses troubles de la vision sur l'autre l'œil. » Fort de ces informations, le procureur de la République a aussitôt demandé une expertise médicale soulignant que ses réquisitions ne seront pas les mêmes si la victime devient aveugle.
L'avocate de la défense a souhaité aller dans le sens de la partie civile et du parquet en demandant, elle aussi, une expertise. En revanche, Maître Stéphanie Cacheux a plaidé pour la mise en liberté de son client jusqu'à la date du jugement. Pour la défense de son client, l'avocate a porté au dossier une cinquantaine de témoignages de bonne moralité ne disant que du bien de son client. « Il travaille à La Capelle et son employeur m'a remis une attestation disant qu'il est prêt à l'héberger sur son lieu de travail en semaine. Pour le week-end sa famille a mis une maison à sa disposition à Amiens car depuis cette affaire il ne veut plus rentrer en contact avec son voisin et il ne veut plus retourner à Séry-lès-Mézières où il est propriétaire de sa maison. »
En ce qui concerne les faits, l'avocate a précisé que son client a frappé sans aucun discernement. Il a été traité de « fils de pute » par son voisin. Cette insulte lui a fait perdre la raison car il a perdu sa mère, il y a quelques mois et il se sent responsable de la mort de sa mère. Il a saisi sans préméditation le bâton qui sert à casser la glace dans l'abreuvoir des chevaux et il a frappé.
En tout cas, la plaidoirie de l'avocate a fait mouche. Son client est ressorti libre du tribunal avec un contrôle judiciaire lui interdisant d'entrer en contact avec les victimes. Il devra aussi pointer tous les samedis au commissariat d'Amiens. Le tribunal a ordonné une expertise ophtalmologique de la victime et a renvoyé le jugement au 30 mars.
Bernard DORDONNE









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