Publié le mercredi 24 juin 2009 à 01H00 - Vu 61 fois
La pétition a déjà recueilli 755 signatures en une semaine, pour déloger les SDF, dont Victor (à droite) écœuré : « On ne fait du mal à personne, on boit des coups entre amis, on discute ».
alex roger
LE PASSANT à l'œil averti peut remarquer un drôle de manège du côté de la rue Gambetta. Des wagons de mamies et de mamans, encombrées de chariots à provisions et de poussettes qui traversent la rue (pas toujours sur les passages piétons) quelques mètres avant le supermarché Champion, avant de retraverser un peu plus loin. But de la manœuvre : éviter l'entrée du parking du magasin, devenue un lieu de rendez-vous pour les pros de la manche et autres zonards. « Z'auriez pas une tit'pièce ou une clope ? »
Excédés, certains riverains viennent de lancer une pétition. Elle remporte un succès fulgurant. « J'avoue que j'ai été un peu dépassé par l'ampleur du phénomène », explique celui qui a décidé de prendre la plume pour avertir la mairie et le procureur de la République de l'ambiance qui se dégrade dans le quartier. Il a décidé de garder l'anonymat. « Je pensais juste faire signer les gens de mon immeuble et en fait tout le quartier a signé. » Déjà 755 signatures en seulement une semaine et ce n'est pas fini… « Le problème est qu'ils picolent et qu'ils s'engueulent, ils urinent, vomissent et font de la manche agressive et je ne parle pas des comas éthyliques… »
« Ça vaut pas les clodos d'avant »
Une riveraine a dû intervenir récemment pour signaler qu'un homme gisait, ivre mort, sur le trottoir, les jambes empiétant sur la rue. Pour un commerçant voisin, « c'est une scène habituelle. »
« Ça vaut pas les clodos d'avant », lance une dame cliente d'un commerce du secteur. Michel, dit Moustache, qui a longtemps fait la manche à cet endroit avant de prendre sa retraite (méritée ?) du côté de Perpignan, reste dans les cœurs de pas mal de gens du quartier. Toujours un sourire ou une petite blague, tout le monde l'avait adopté. Aujourd'hui ce n'est pas la même histoire… certainement la faute au nombre de personnes qui se réunissent là et parfois y passent la journée en picolant pour la plupart. Ils sont jusqu'à une quinzaine, et sont parfois accompagnés d'enfants.
« Historiquement, des clodos à cet endroit, il y en a toujours eu mais des comme ça jamais. C'est la faute aux travaux du tramway », lance une commerçante. « Ils ne font plus de ronds rue de Vesle, ni au Théâtre alors ils viennent ici. » Elle assure avoir appelé la police et les pompiers plusieurs fois. Elle s'étonne de la réponse des forces de l'ordre : « Si on les déplace, on les met où ? » Ce qui ne fait pas beaucoup avancer le schmilblick. « Vous savez, c'était un bon quartier avant, maintenant, je n'envoie même plus ma fille chercher le pain toute seule et je ne fais plus mes courses au Champion. J'ai été menacée, j'ai peur. »
« L'autre jour, j'ai ramassé 160 canettes, la consommation d'une seule journée en bière, ajouté à la drogue et au soleil… l'été s'annonce chaud », prévient un autre commerçant.
« Nous pensons qu'il est de votre devoir et de votre responsabilité de maire d'intervenir pour éviter ces désagréments, pour faire respecter la loi et notamment réprimer l'ivresse sur la voie publique, avant qu'un événement grave ne se produise », dit la pétition qui, une fois signée par l'ensemble des riverains, doit être adressée à Adeline Hazan cette semaine. Fera-t-elle bouger les choses ?
Alexandre ROGER avec Christian CARON
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