Reims / Un trafic de cannabis démantelé Huit Rémois mis en examen

Reims / Un trafic de cannabis démantelé Huit Rémois mis en examen

Publié le samedi 19 septembre 2009 à 01H00 - Vu 64 fois

UN trafic de résine de cannabis est tombé cette semaine à Reims lors d'un coup de filet opéré mardi matin par une soixantaine de gendarmes. Cinq personnes ont été arrêtées et six objectifs perquisitionnés dans différents quartiers de la ville : Croix-Rouge, Châtillons, la Verrerie, avenue de Laon ou encore rue de l'Equerre (secteur Barbâtre).
Présentés jeudi soir et hier au parquet, les cinq suspects ont été écroués pour deux d'entre eux, les trois autres laissés libres sous contrôle judiciaire. Seulement 700 grammes de cannabis ont été saisis, mais les enquêteurs s'y attendaient, s'agissant d'un business « à flux tendus » où la drogue est écoulée au plus vite pour éviter les grosses prises en cas d'arrestation.
Par contre, les gendarmes ont mis la main sur 13.000 € et deux armes de poing. Ils ont également saisi un 4x4 Mercedes ML acheté avec des fonds douteux et un camping-car faussement immatriculé volé en 2006 dans le Loiret.
Premières arrestations en mars
Le coup de filet de mardi est le résultat d'une enquête qui a démarré courant 2008 après l'arrestation de plusieurs consommateurs de résine de cannabis à Witry-lès-Reims. S'intéressant aux fournisseurs, les gendarmes ont identifié des Rémois déjà connus pour des faits de stupéfiants. Une information judiciaire fut ouverte, le dossier confié à la section de recherches de Reims en co-saisine avec le groupement d'intervention régional de Champagne-Ardenne (Gir).
Fin mars 2009, un premier coup de balai eut lieu avec l'arrestation de huit personnes. Trois d'entre elles furent mises en examen, une écrouée. Deux kilos de cannabis avaient été saisis.
Les investigations complémentaires ont permis de cibler les dernières branches du réseau décapitées mardi. L'opération a mobilisé trois équipes cynophiles, la compagnie de gendarmerie de Reims et des personnels d'Epernay. Agés de 31 à 57 ans, les huit suspects mis en examen sont décrits pour certains comme des « vieux chevaux de retour ». Aucune estimation n'a pu être faite de la quantité de drogue écoulée depuis la mise en place du réseau il y a environ trois ans.
Patrimoine douteux
« La particularité de l'instruction en cours est qu'elle va travailler sur l'enrichissement personnel des individus », précise le chef d'escadron Michel Frottier, commandant la section de recherches de Reims. « La co-saisine avec le Gir permet de mener cette action qui s'inscrit dans le cadre de la lutte contre l'économie souterraine. Auparavant, les trafiquants partaient en prison mais leur bas de laine restait dehors, caché quelque part ou placé sur un compte, et ils le récupéraient à la sortie. Là, non ! Nous allons chercher les avoirs criminels. »
Si l'instruction du juge met en évidence l'acquisition de biens avec le produit de la drogue, ou si les mis en cause ne sont pas en mesure de justifier l'origine des fonds, le patrimoine concerné sera saisi. Concernant l'affaire de Reims, les enquêteurs ont dans le collimateur une maison, plusieurs appartements, un petit immeuble et quelques comptes bien garnis, ce qui fait un beau patrimoine pour des individus dont les activités professionnelles connues sont peu rémunératrices, voire inexistantes…
F.C.

L'union l'Ardennais