Publié le dimanche 31 janvier 2010 à 01H00 - Vu 107 fois
Près de 200 paires de chaussures de sport contrefaites ont été saisies au domicile du Rémois.
Christian LANTENOIS
TOUCHE-À-TOUT de l'informatique, un Rémois de 31 ans a préféré mettre son talent au service d'activités pour le moins illégales mais des plus lucratives. Depuis 2006, il revendait sur la toile des articles contrefaits, essentiellement des chaussures de sport fabriquées en Chine.
Lors de sa garde à vue, l'escroc a reconnu un chiffre d'affaires de près de 150.000 € pour un bénéfice de 50.000 €. Un joli coup de filet à mettre à l'actif de la section de recherche de Reims, de ses deux « cybergendarmes » et des douanes.
Petit retour en arrière. Au mois de mars 2009, des plaintes commencent à se succéder. Elles émanent de clients insatisfaits mais également de grandes marques. Un phénomène qui ne manque pas d'alerter les spécialistes en cybercriminalité. Deux sites sont rapidement identifiés : boutique-grossite.fr et shoesmania.fr
Du « dropshipping »
« Des chaussures de sport de diverses marques, notamment Puma, y étaient proposées à des prix défiant toute concurrence », expliquait hier, le commandant Frottier, patron de la SR. Saisis par le Parquet de Reims, les gendarmes identifient le revendeur, un Rémois d'une trentaine d'années.
Au terme d'une enquête de dix mois, l'homme est finalement interpellé chez lui ce jeudi 28 janvier. A son domicile, c'est la caserne d'Ali Baba. La perquisition effectuée par les enquêteurs permet de mettre la main sur 200 paires de baskets, accompagnées de leurs boîtes d'envoi.
Placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie, l'homme ne peut que reconnaître les faits.
« Au départ, il achetait les produits contrefaits, se les faisait livrer chez lui avant de les revendre », précise Michel Frottier. Sans doute motivé par l'aspect juteux de ce commerce, l'escroc développe un véritable petit réseau parallèle. « Sous couvert de deux sites, il n'était plus seulement le vendeur mais était devenu le grossiste. »
La technique porte un nom : le « dropshipping ».
« Les acheteurs passaient commande et lui, faisait l'intermédiaire. Il réduisait ainsi les risques aux frontières en réduisant le stock de produits contrefaits entreposé chez lui. » Les douanes ont également fini par faire le rapprochement et par découvrir le pot aux roses.
Sur information judiciaire du Parquet de Reims, gendarmes et douaniers ont donc procédé jeudi à l'interpellation du revendeur.
Le Rémois a été présenté hier au juge d'instruction. Il a été mis en examen pour escroquerie, importation et revente de produits contrefaits, de fraude fiscale et finalement de travail dissimulé. Laissé en liberté, l'homme s'est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel de Reims pour le mois de mars prochain. Mais si l'enquête a trouvé un terme cette semaine, les soucis pour notre Rémois ne font sans doute que commencer. La facture, sur le plan douanier, risquant d'être plutôt salée.
Les chaussures de sport saisies à son domicile rémois devraient être rapidement passées au pilon.
Corinne LANGE
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