Publié le samedi 14 février 2009 à 01H00 - Vu 228 fois
MAÎTRE Francis Chouraqui, l'un des avocats de la famille Bretnacher a confirmé hier après-midi la mort probable d'Ophélie, « mais la découverte de son corps ne clôture pas l'affaire. Quant à la mort par noyade, ça ne veut pas dire pour autant qu'elle se soit suicidée ou qu'elle soit tombée accidentellement dans l'eau : on a pu la pousser. » La famille a exigé que toute la vérité soit faite sur la mort de cette jeune femme qualifiée d'« extrêmement équilibrée », selon ses proches.
Le papa, Francis a d'ors et déjà annoncé vouloir qu'une seconde autopsie soit pratiquée, cette fois-ci en France. Hier en fin d'après-midi, il s'est prêté à un prélèvement ADN pour établir une comparaison avec celui de la dépouille retrouvée. Sylvie et Francis Bretnacher ne souhaitent plus qu'une chose que la police déclare formellement qu'il s'agit d'Ophélie pour que leur fille leur soit rendue.
Le corps a été découvert jeudi à la tombée de la nuit par des bateliers sur l'une des berges du fleuve (l'union d'hier). « Au sud de Budapest, dans un bras du Danube, près de l'île de Csepel, dans le bassin industriel », explique Anna Maros, premier secrétaire et attachée de presse à l'ambassade de France en Hongrie. « Les vêtements correspondent à ceux que porter Ophélie le soir de sa disparition. Il y avait aussi ses bijoux. La morphologie est identique, comme le port des cheveux, noués de la même manière que lors de la soirée du 3 décembre. »
Juste après la macabre découverte, au cours de la nuit, une autopsie a été pratiquée, « elle a exclu un acte criminel comme raison de la mort. Il s'agit d'une noyade. La mort remonterait à deux mois. »
D'après l'examen externe du corps, aucune trace de violence, si ce n'est un hématome sur la cuisse droite. Une trace de coups qui intrigue. Ophélie a-t-elle été victime d'une agression ? Cette information d'abord tenue secrète a finalement été communiquée hier en fin d'après-midi afin d'accréditer la théorie avancée par les policiers. Pour eux, ils semblent maintenant ne faire aucun doute qu'Ophélie soit tombée volontairement à l'eau, « un hématome qui a pu se produire lorsqu'elle a enjambé la balustrade du pont. »
Les deux enquêteurs français, venus il y a quinze jours en Hongrie, dans le cadre de la demande d'entraide entre les deux pays, sont de retour dans la capitale hongroise. « Enquêteurs français et hongrois travaillent ensemble, main dans la main », poursuit Anna Maros. Le commissaire français, Philippe Dassonville détaché à la sécurité à l'ambassade de France en Hongrie a d'ailleurs assisté à l'autopsie.
« Un maximum de détails techniques, d'analyses ont été demandés afin d'approfondir les investigations afin de savoir ce qui a pu se passer », ajoute encore l'ambassade. L'analyse de l'eau contenue dans les poumons et l'estomac de la noyée est importante.
Quelle eau Ophélie a-t-elle absorbée ? L'analyse va-t-elle correspondre à celle de l'eau qui passe sous le pont des Chaînes ? Par ailleurs, on a appris hier que des prélèvements sanguins vont être tentés afin d'effectuer des analyses toxicologiques.
Des résultats qui devraient confirmer ce que l'on sait déjà : d'après les dernières vidéos captant Ophélie dans la nuit du 3 au 4 décembre, la jeune femme ne titube pas et marche plutôt d'un bon pas. « J'ai bien peur qu'on ne sache jamais ce qui s'est passé ce 4 décembre au petit matin », lâche ému un ami d'Ophélie.
Aurélie Beaussart
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