Publié le samedi 25 juillet 2009 à 01H00 - Vu 14 fois
AUCUNE victime mais un acte manifestement criminel. Vendredi vers 0 h 15, un violent incendie a ravagé un appartement de l'allée des Béarnais, au quartier Croix-Rouge à Reims (notre « Dernière minute » d'hier).
Le logement se trouvait au sixième et avant-dernier étage de l'immeuble. Il était inoccupé. Ces derniers temps, la locataire - une mère de famille qui vit seule avec ses enfants - n'osait plus dormir chez elle après avoir fait l'objet de menaces dont l'origine n'a pas été précisée.
Un matelas avait déjà flambé sur son palier il y a quelques mois. Selon les informations recueillies à l'époque, certains individus n'auraient pas apprécié qu'elle s'affranchisse de la loi du silence sur leurs activités douteuses.
Ce contexte pèse lourd en faveur de la thèse criminelle, de l'incendie allumé par représailles mais une autre éventualité n'est pas à exclure : celle d'un cambriolage commis par des personnes qui savaient que la victime était absente, et qui auraient mis le feu pour effacer leurs traces.
Cinquante personnes dehors
Si elle paraît s'imposer d'un point de vue intellectuel, l'origine volontaire du sinistre reste cependant à confirmer par les constatations matérielles. Elles vont être difficiles. Tout a brûlé dans l'appartement. Il ne reste plus qu'un amas de décombres calcinés. Quand bien même l'alerte a été donnée tardivement du fait de l'absence d'occupants, l'ampleur des dégâts laisse perplexe, de nature justement à crédibiliser l'idée selon laquelle la violence du feu s'explique par l'emploi d'une substance incendiaire.
Des riverains ont entendu une forte détonation provenant de l'appartement mais cet élément n'est d'aucune utilité pour mieux cerner l'élément déclencheur du sinistre. Beaucoup d'objets domestiques sont susceptibles d'exploser sous l'effet d'une forte chaleur.
Arrivés sur place, les sapeurs-pompiers n'ont pas estimé utile d'évacuer l'immeuble mais une cinquantaine d'habitants étaient déjà sortis d'eux-mêmes. Ils ont pu rentrer chez eux vers 1 h 15, après l'extinction de l'incendie assurée au moyen de deux lances. Leur colère - si l'acte criminel qu'ils pressentent se confirme - n'a d'égale que la peur ressentie.
Seuls les communs des deux derniers niveaux ont été enfumés. Le balcon, la façade et les volets de l'appartement du dessus ont été noircis ou détruits.
L'enquête est entre les mains de la sûreté départementale de Reims. La Ville et le Foyer rémois ont été contactés pour trouver au plus vite un relogement à la locataire et ses enfants. Si possible à l'écart du quartier.
F.C.
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