Quartier du Verbeau / Ça ne tourne plus rond au carré Melpomène

Publié le lundi 16 novembre 2009

Jean-Marie Largeau, Michel Dautelle et Robert Begue, obligés de remettre en place eux-mêmes une bouche d'égout mal placée.

Jean-Marie Largeau, Michel Dautelle et Robert Begue, obligés de remettre en place eux-mêmes une bouche d'égout mal placée.

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«J E vais certainement me faire tabasser un jour… » Depuis quelques mois déjà, des incidents de tous ordres viennent régulièrement troubler la retraite que s'est construite Michel Dautelle depuis sept ans, dans le quartier du Verbeau. Et ce n'est pas peu dire. Seule, une poignée de riverains du quartier Melpomène témoigne à visage découvert. D'autres préfèrent garder l'anonymat par peur des représailles. C'est le cas de Marie. « Il y règne désormais un véritable sentiment d'insécurité. » Cette retraitée de la fonction publique garde en tête la mésaventure de l'une de ses voisines. « Elle a aperçu un jeune qui mettait le feu à une boîte aux lettres et l'a signalé à la police. Dès le lendemain, elle se faisait menacer. Depuis, elle ne sort plus son chien le soir. » Un événement parmi tant d'autres.

Ancien chef de la police municipale, installé rue Melpomène depuis un an Jean-Marie Largeau assure, catégorique : « Ça va mal se finir ». Il y a quelques jours, Michel Dautelle mais également Robert Begue et Marie se sont retrouvés chez leur voisin. Histoire de dresser un bilan des derniers mois et surtout en vue de réagir. « C'est vrai les groupes de jeunes, surtout lorsqu'ils sont cagoulés, font peur mais pas question de baisser les bras devant eux », lâche Jean-Marie Largeau. Mais il n'y a pas que ça ! « Il y a les dégradations dans les bâtiments. La musique qui résonne des caves toute la nuit. Les ballons qu'ont fait délibérément rebondir à trois heures du matin dans l'aire de jeux destinés aux enfants. » La liste ne s'arrête pas là.

« Une Mercedes est régulièrement stationnée dans une zone d'ombre, sans doute pour permettre à son propriétaire de se livrer à un petit trafic. Sans compter les incendies volontaires qui se multiplient. Un jour, il y aura un mort et il sera trop tard pour réagir. » Dernier incident en date : « Une voiture volée que l'on a fait brûler le 4 novembre dernier juste devant le centre social. Un centre que plus personne ne veut fréquenter par peur de la mauvaise rencontre ». Ces incidents, ce retraité de la police municipale les a recensés dans un courrier adressé à la mairie de Châlons-en-Champagne. Lettre restée sans réponse. « La cerise sur le gâteau ? Il n'y a plus d'éclairage public depuis une dizaine de jours au moins… »

Thermographie aérienne

La colère gronde parmi ces riverains. « On se sent abandonnés », constatent-ils. « Lorsqu'on appelle la police, elle se déplace bien entendu mais toute sirène hurlante. Alors, quand elle arrive sur place, tout ce petit monde a pris la poudre d'escampette. »

Il y a bien ces conseils de quartiers au cours desquels les Châlonnais peuvent exprimer leurs doléances. « On y parle de tout sauf de nos problèmes. La dernière en date remonte au 5 octobre et là, on nous a parlé de thermographie aérienne… », déplore Jean-Marie Largeau. Ce dernier évoque un cadre de vie qui part à vau-l'eau. « Le quartier est soi-disant placé en zone boisée à conserver et on y coupe des arbres qui ne paraissent pas malade. » L'anecdote prête à rire et pourtant : « Il y a une plaque d'égout posé à l'envers. Il suffirait juste de la tourner pour éviter que quelqu'un se blesse et bien non. Châlons-en-Champagne Habitat et la ville se renvoient la responsabilité. Tout comme pour l'éclairage public ». Du coup, les trois compères ont remis, eux-mêmes cette lourde plaque d'égout en place. Pour eux, c'est clair : « Quand de tels événements se passent dans le centre-ville, on réagit immédiatement… Ici, nous sommes au Verbeau… »



Corinne LANGE

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