Publié le dimanche 23 octobre 2011 à 11H00 - Vu 520 fois
Philippe Vuilque a fait passer cet amendement afin de faciliter les conditions de travail des membres de la Miviludes.
Afin d'enrayer le harcèlement judiciaire exercé par certains mouvements, le député-maire de Revin également membre de la Miviludes, a fait voter un amendement instaurant l'impunité pour les opinions émises dans le rapport annuel remis au 1er ministre.
PAS facile de lutter contre les sectes, surtout sans les nommer. Depuis sa création, en 2008, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) n'a cessé de subir les attaques de mouvements ou organisations citées dans son rapport annuel.
« Georges Fenech (le président de la Miviludes, NDLR) par exemple passera au tribunal correctionnel de Paris pour diffamation au mois de mars », indique le député-maire de Revin, Philippe Vuilque, également membre du conseil d'administration et d'orientation de la Miviludes. Des dépôts de plainte systématiques, qui aboutissent généralement à un non-lieu. « C'est du harcèlement judiciaire. Aucun président n'a jamais été condamné », atteste Philippe Vuilque.
Afin de stopper net ces recours dont le but est de discréditer le travail de la Miviludes, il a ainsi fait passer un amendement dans le cadre de la proposition de loi de Jean-Luc Warsmann relative à la simplification du droit et à l'allégement des démarches administratives. Cet amendement voté par la droite et la gauche, octroie l'impunité aux membres de la Miviludes pour « les opinions qu'ils émettent dans le rapport annuel remis au Premier ministre dans l'exercice de leurs fonctions ». Une immunité judiciaire qui existe déjà pour d'autres autorités administratives indépendantes telles que le défenseur des droits, ou le contrôleur général des lieux privatifs de libertés.
La protection des enfants
Une décision immédiatement suivie d'une levée de boucliers de certains mouvements, groupuscules et même particuliers qui n'ont pas manqué évidemment de commenter sur internet, de manière parfois virulente. A tel point agacés, qu'une lettre pétition à l'adresse du Sénat circule sur la toile. Ce qui n'étonne pas Philippe Vuilque, loin de là. « Je ne suis pas surpris. Depuis un certain nombre d'années déjà, ils considèrent la Miviludes comme liberticide. Les organisations sectaires confondent toujours liberté de pensée et liberté religieuse. Ils font un amalgame. Ils ne comprennent pas le terme laïcité, neutralité. Ils se considèrent comme des religions. La Miviludes n'est pas une police de la pensée. Nous restons vigilants sur la vérification et l'application des lois de la République notamment dans le cadre de la protection de l'enfance ».
La protection des enfants, une des priorités de la Miviludes, qui souhaiterait d'ailleurs un appui du conseil d'État concernant les transfusions sanguines. « Le conseil d'État a commenté un certain nombre de décisions sur ce sujet. Ce qui ne nous convient pas. Il n'a pas pris position sur la convention internationale des droits de l'enfant », explique le député-maire.
Pour l'heure, la Miviludes travaille sur les mouvements apocalyptiques, qui fleurissent sur internet. « Beaucoup de sites sont hébergés à l'étranger. C'est une facette nouvelle des dérives sectaires », précise Philippe Vuilque.
À l'occasion des dix ans de la loi About-Picard, le groupe d'études sur les sectes, présidé par Philippe Vuilque, organise un colloque, le mercredi 26 octobre, à l'Assemblée nationale, de 9 heures à 13 heures, sur le thème Initiatives parlementaires et lutte contre les dérives sectaires : bilan et perspectives.
C.S.
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