Publié le mercredi 03 février 2010 à 01H00 - Vu 24 fois
Jeanine Roger, née Boileau, 79 ans, était une institutrice très appréciée à Soissons.
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ILS sont livides, comme assommés par un coup de massue invisible.Les jurés n'ont pas le droit de manifester le moindre sentiment avant le verdict attendu demain. Mais le récit des derniers instants de Jeanine Roger, née Boileau, une ancienne institutrice de Soissons, âgée de 79 ans, à son domicile de Pommiers, est insoutenable. Chacun pense à ses propres parents, à leurs droits à des derniers jours paisibles mais il faut écouter le récit d'une odieuse mise à mort. Elle s'est déroulée pendant plus d'une heure, à partir de 10 h 30, le 27 avril 2007.
Raide, les bras croisés dans le dos, Freddy Boron pleure au micro. Tout son torse est secoué par la tension. Son défenseur, Me Etienne Delpierre l'interroge lui-même pour qu'il dise toute la vérité. Il sait que c'est l'ultime moyen pour tenter de sauver le jeune homme de la perpétuité. Le poing de l'avocat cogne sur le bois de son bureau pour scander les phrases. ll ne lui laisse aucun répit, ne lui permet aucun refuge possible. Dans ce contexte effroyable, tous les acteurs veulent concourir à ce but, connaître l'étendue du drame.
Des questions sans réponse
Chacun se rappelle la demande de la fille aînée de la victime. Elle est éloignée de la haine, désigne l'accusé en l'appelant « monsieur ». « Je me suis raccrochée à cette idée qu'elle était morte sur le coup. Il a bien fallu apprendre que cela avait été long, qu'elle avait souffert et qu'elle était toute seule. Cela nous hante beaucoup. La moindre des choses, c'est de savoir ce qui s'est passé. Imaginer, c'est pire ».
Le jour du drame, la dose d'héroïne matinale ne suffit pas à Freddy Boron. « J'étais drogué sans arrêt. J'avais besoin d'argent pour rembourser mon fournisseur ».
Il est prêt à tout, embarque dans son camion chargé de ses outils pour proposer du travail au noir. Il va jusqu'à Folembray où un octogénaire refuse ses services. Il n'est pas seul à ce moment et, peut-être, doit-il la vie à ce concours de circonstance. A Pommiers, Jeanine Roger ouvre sa porte quand elle reconnaît son visiteur. Il a déjà effectué des travaux à son domicile. Elle n'a pas besoin de son intervention. Freddy Boron se retrouve dehors mais n'hésite pas longtemps.
« Elle me tournait le dos quand je suis entré à nouveau. Je l'ai frappée à la tête avec un pied-de-biche. J'ai vu une mare de sang. Je porte un coup de couteau à la gorge assez fort. Cette fois, j'avais l'intention de la tuer. Je ne voulais pas être reconnu. Il s'est passé quelques instants avant que je ne mette le feu ». La suite du sinistre compte à rebours est déterminante. Il explique encore : « Je pensais qu'elle était déjà morte. Quand cela a pris feu avec du pétrole, je suis parti et je n'étais plus moi-même ».
L'accusé se défend d'avoir aspergé la vieille dame avec du carburant. Mais un expert est formel : « Nous sommes certains que la victime a respiré. C'est l'obstruction des bronches qui a provoqué la mort ». Elle est donc vivante quand elle est brûlée à 70 %. Freddy Boron affirme aujourd'hui qu'elle est déjà décédée à cet instant.
Des zones d'ombre subsistent donc. Deux tasses utilisées sont retrouvées dans la salle à manger. Qui les a utilisées ?
Une fracture du larynx de la victime reste inexpliquée, tout comme l'alarme arrachée, l'absorption de sept fois la dose maximale de médicaments par la victime.
Thierry de LESTANG PARADE
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