Meurtre à Pommiers / La chute du jeune couvreur

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Publié le mardi 02 février 2010

Me Delpierre, avocat de la défense, est bien conscient  que l'accusé risque une peine de perpétuité.

Me Delpierre, avocat de la défense, est bien conscient que l'accusé risque une peine de perpétuité.

THierry de LESTANG PARADE

À L'ÉNONCÉ du crime barbare commis à Pommiers le 27 avril 2007, l'assistance frémit. La victime, âgée de 79 ans, a été poignardée à la gorge à son domicile, puis brûlée vive pour un butin dérisoire, soixante euros, une carte de crédit et un ordinateur.

Les regards se tournent vers l'accusé. La tentation est grande d'apercevoir une brute couturée de cicatrices, aux bras monstrueux couverts de tatouages et s'exprimant par des beuglements. Mais il n'y rien de tout ça. Freddy Boron, âgé de 28 ans, est un jeune homme au physique banal. Une longue raie droite sépare ses cheveux noirs et courts sur toute la longueur du crâne. Il ressemble à un garçon-coiffeur sur un cliché des années soixante.

Le signe inconscient, peut-être, qu'il veut se réfugier dans un passé insipide et rassurant plutôt que d'affronter l'avenir aujourd'hui. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Bien d'autres jeunes ne cachent pas leur détresse en songeant à la difficulté de se façonner un avenir. Mais lui n'a jamais été prisonnier de cette ornière. Son avenir était peut-être d'ailleurs trop assuré. Il avait soif de découvertes mais son horizon était balisé par les clous qu'il plantait.

Le fils du patron

C'est le fils d'un patron artisan travaillant dans l'entreprise familiale de charpentes à Vailly-sur-Aisne. Avant le drame, il est même jalousé par des connaissances ou d'autres ouvriers. Il dispose d'un CAP couverture obtenu au centre de formation d'apprentis de Laon. Il joue de la guitare, écrit des textes, lit Rimbaud et Verlaine mais ce barde est rongé par un mal intérieur. Depuis le collège, il consomme de la drogue. Et le cannabis s'efface vite devant l'héroïne, la cocaïne. L'adolescent serviable devient plus renfermé. Il célèbre ses dieux, des musiciens de rock prématurément disparus, étudie les paroles de Jim Morrison, Kurt Cobain ou Jimi Hendrix. En tous les cas, il aspire à plus de liberté.

Il quitte son domicile à l'âge de 15 ans pour devenir père et vivre avec une femme plus âgée. Mais elle le quitte, ne supportant pas l'emprise des drogues sur lui. À son travail, il arrive en retard, dort dans un camion. Ses parents et employeurs lui adressent même des lettres recommandées pour l'amener à améliorer son attitude. Mais il largue les amarres avec les contraintes, l'extérieur. « Je me voilais la face », explique sa mère. Personne n'a envie d'admettre que son fils est un drogué.

Il ne parvient pas à se lever sans sa dose quotidienne. Il gagne 1 200 euros mais dépense près de 2000 euros avec sa seconde compagne pour vivre des rêves fous. Il vole du matériel dans la société paternelle pour gagner plus d'argent. « Au début, c'est festif et cela devient un engrenage fatal », dit-il lui-même à propos de la drogue. Cette sorcière a précipité sa chute.

Thierry de LESTANG PARADE

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shune

02/02/2010 à 12h25

Pour en arriver là, ce n'est plus une petite consommation, c'est de la grosse consommation. Pourtant, il y a des solutions plus simple que le meurtre, les médecins prescrivent des produits de substitutions et là, je pense qu'il n'a pas d'excuse malgré l'effet de manque!

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