Publié le vendredi 10 février 2012 à 12H00 - Vu 493 fois
Une dizaine de caravanes ont pris possession de l'esplanade.
Depuis le dernier week-end de janvier, une dizaine de caravanes sont installées sur le Mail. Sous le coup d'une mesure d'expulsion, elles devraient partir ce week-end.
INSTALLÉES sous les fenêtres de l'hôtel de ville depuis le dernier week-end de janvier, une dizaine de caravanes de gens du voyage, pour partie largement sédentarisés, suscitent une nouvelle polémique que relaie, sur son blog, l'opposition municipale.
Selon l'Élan soissonnais, « il s'agit bien des gens du « voyage » habituels du Soissonnais. Ils se sont installés après avoir menacé de s'installer sur le parking de l'espace Claude-Parisot en cassant tout. Effectivement le dispositif anti-intrusion a été forcé et abîmé, mais n'a pas été ouvert. Donc, ils se sont sûrement repliés sur le Mail. La mairie a porté plainte… La police municipale et la police nationale font des comptages et relevés de plaques d'immatriculation tous les jours… »
Expulsées de la ZAC des Entrepôts
Pour l'opposition, qui a connu pareil souci quand elle était aux affaires, « tout ça est bien dérisoire face aux préjudices subis ». Le problème est évidemment plus compliqué. Ces caravanes ont pris possession de l'esplanade du Mail après avoir été expulsées de la ZAC des Entrepôts, après une plainte déposée par la communauté d'agglomération du Soissonnais.
« Les caravanes ont voulu s'installer dans d'autres endroits de la ville, mais comme nous avons tout barricadé, elles sont venues là », explique le directeur de cabinet du maire, Olivier Froidefond. Dès le lundi qui a suivi leur installation, la Ville a donc porté plainte auprès de la police pour effraction, vol d'eau et vol d'électricité.
En début de semaine, le tribunal de Soissons a pris une ordonnance autorisant l'expulsion, avec si besoin le concours de la force publique.
« La décision du tribunal leur a été notifiée mercredi », expliquait hier le sous-préfet Paul Coulon, en reconnaissant que l'absence d'aire d'accueil « leur fait un argument » pour s'installer où ils veulent.
Selon Paul Coulon, ils se seraient engagés à partir au plus tard ce week-end.
Patate chaude
« Il y a des pistes, mais au plan technique, ça n'est pas simple, notamment quant aux accès routiers », précise le représentant de l'État qui exclut que le choix du terrain se fasse de façon autoritaire : « On ne fera pas sans l'accord des uns et des autres, même si les textes le prévoient. Le préfet a toujours privilégié le dialogue et le consensus. »
Pour le directeur de cabinet du maire en tout cas, « même si on ne peut pas incriminer la communauté d'agglomération, il faut vraiment s'occuper du terrain ».
Plus d'un maire de Soissons, gauche et droite confondues, s'y est cassé les dents. Depuis que la patate chaude est passée dans les mains communautaires, c'est tout autant le statu quo. Sans doute faudra-t-il, désormais, un peu de courage politique et beaucoup de doigté pour régler ce problème qui semble… insoluble.
Philippe ROBIN
probin@journal-lunion
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