Publié le jeudi 12 novembre 2009
L'arrivée de 13 nouveaux policiers ne réglera pas forcément le problème selon le commissaire divisionnaire Legrand.
Angel Garcia - l'Union de Reims
ON pourrait résumer la réunion du conseil local de sécurité de prévention de la délinquance (CLSPD) qui s'est tenu lundi soir dans les salons de l'hôtel de ville par cette constatation au premier abord paradoxale : plus ça va mieux, et plus ça va mal.
Explications : les chiffres de la délinquance fournis par le commissariat de police du 1er janvier au 16 octobre dernier traduisent bien une amélioration par rapport à l'année précédente. Mais, à l'inverse, le nombre d'incivilités a augmenté.
Problème : l'incivilité n'est pas vraiment quantifiable, ni identifiable. L'ennui est qu'elle pourrit la vie des braves gens et qu'elle donne des migraines aux élus.
En présidant cette réunion, qu'il a qualifiée fort lucidement de « grand-messe », Didier Herbillon n'est pas dupe
Pour utile qu'il soit, le CLSPD ne prétend pas transformer la citrouille en carrosse. Il permet, tout au plus, de confronter les opinions des uns et des autres.
On regrettera toutefois que si les chefs d'établissements scolaires étaient en nombre, en revanche, aucun représentant de la magistrature n'avait cru devoir pointer le bout du nez… Dommage !
Didier Herbillon qui, récemment, a fait l'expérience de la déshérence profonde dans laquelle est tombé le quartier du Lac, n'a pas hésité, à évoquer l'existence de zones de non-droit, affirmation que réfute la police.
« Il n'empêche, a-t-il souligné, qu'il ne peut y avoir de liberté sans sécurité, et que celle-ci n'est plus assurée. Il faut donc que nous envisagions des solutions rapides. Tous ensemble ». Et de proposer la création d'une cellule de veille.
Caméras
Certes, il y a les chantiers jeunes, les organismes d'insertion, les interventions de la prévention médiation qui s'étendront prochainement au centre ancien ainsi qu'au quartier de Résidence Ardennes : on ne peut reprocher à la municipalité de demeurer sans rien faire… Prévention… mais aussi répression : l'éternelle tarte à la crème que l'on sert depuis des décennies à la population. On prévoit, à la ville, d'installer des caméras de vidéo-protection d'ici la fin de l'année.
Les sommes ont déjà été affectées : 62.000€ pour l'Etat, 30.000 pour la ville. Bien sûr, on en braquera du côté du Lac… On embauchera même un cadre chargé de la mise en musique de la convention de partenariat Etat-ville… Et puis il y a ce renfort de treize policiers au commissariat. Bémol : le commissaire divisionnaire Legrand ne cache pas que le gouvernement va tailler dans les troupes : de 3.000 à 4.000 policiers en moins à l'horizon de 2012 et admet que le renforcement de l'effectif sedanais est fragile, risquant fort de fondre avec les prochains départs à la retraite. Rassurant !
La sous-préfète, Béatrice Obara, plutôt volubile sur la question, a abordé la difficulté de porter plainte, de crainte de représailles. Y a-t-il un moyen de garantir l'anonymat des victimes ? s'est interrogé le maire. On comprend son exaspération : « Les sanctions judiciaires ne sont jamais bien longues pour les petits délinquants. Ils reviennent dans le quartier. Et ils recommencent de plus belle. »
La vieille histoire du tonneau des Danaïdes
J.-Y.B.









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