Publié le vendredi 13 mars 2009 à 01H00 - Vu 5 fois
Après Facebook pour annoncer son divorce, Facebook arme des employeurs pour licencier, voici Facebook nouvel outil des avocats dans la recherche d'éléments à charge ! Le dossier examiné, hier, par le tribunal correctionnel de Reims semblait, à l'origine, anodin. Un coup-de-poing donné le 23 août dernier, place Stalingrad, vers 4 heures du matin, qui devait à Olivier T. de comparaître pour des « violences volontaires ayant entraîné une incapacité de plus de 8 jours ». En ce petit matin, les destins de deux jeunes se sont croisés. L'un rentrait d'une soirée passée dans une boîte ; l'autre d'un anniversaire. Le premier s'est fait agresser « par une dizaine de jeunes », place Stalingrad. Le deuxième, étudiant en médecine, l'a trouvé « à terre, le visage en sang. On s'est dit qu'on allait le ramener chez lui ». Mais jusqu'à la rue Passe-Demoiselle, le chemin est semé d'embûches. Olivier T. est persuadé que l'étudiant en médecine et son ami font partie de la bande qui l'a agressé plus tôt. Il se débat. Puis arrivé au pied de son immeuble, il donne le fameux coup-de-poing qui fracasse la mâchoire de l'étudiant en médecine. « Ils n'ont pas appelé les secours, je ne voulais pas qu'ils m'accompagnent », explique Olivier T. L'étudiant en médecine rétorque : « On ne pouvait pas le laisser là, le visage en sang… Une voiture de police est passée, il les a insultés. Ils sont repartis. » L'étudiant en médecine a eu la mâchoire cassée. Son avocate, Me Bellier, a demandé une expertise médicale tout en rappelant qu'il « ne faut pas se tromper de procès. Mon client est arrivé après la première bagarre et a voulu aider le jeune en difficulté, et appliquer ce qu'on lui enseigne à la faculté de médecine ». Le substitut du procureur de la République est du même avis et souligne l'attitude de l'étudiant en médecine « qui a voulu, en toute bonne foi, aider Olivier T. Un geste que ce dernier, en état de choc, a sans doute mal ressenti ». Mais les avocats de la défense, ont bien l'intention d'obtenir la relaxe de leur client. Me Brissart et Me Ammoura reconnaissent qu'il y a eu « méprise sur les intentions des uns et des autres » dans cette affaire. Olivier T. « se méfiait de ces deux types qui voulaient l'aider. Il n'avait plus ses lunettes, écrasées par ses agresseurs initiaux. Il ne savait pas qui étaient ces hommes et ne voulait pas qu'ils sachent où il habitait. Il a voulu s'en séparer ». Me Brissart a plaidé la légitime défense car selon lui, Olivier T. « avait des raisons de se méfier ». L'avocat produit alors des photocopies de pages internet. « Moi je ne connais pas », précise l'ancien bâtonnier, « mais les jeunes avocats du cabinet s'y sont penchés ». Et ils ont découvert des pages Facebook sur lesquelles l'étudiant en médecine s'est épanché. Il évoque notamment « le test picolo » pour mesurer son taux d'alcoolémie. Raconte dans un moment de solitude qu'il vient « de finir le champagne tout seul » et qu'il est « presque mort ». L'ami du plaignant n'a pas été épargné. Me Brissart montre à la ronde une photo également prélevée sur Facebook : « C'est l'ami de l'étudiant, avec son chien et entouré de superbes plantes… des plants de cannabis ! Il en créé, le soigne et l'élève ! » L'avocat interpelle le tribunal : « Vous ne croyez pas que ces deux jeunes font peur ? » Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 14 mai. D'ici là, l'étudiant en médecine dévoilera sans doute un peu moins sa vie privée sur le net. Ou alors il choisira mieux ses « amis » sur Facebook ! Patricia Buffet
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez