Le Taser en vente libre sur Internet

Le Taser en vente libre sur Internet

Publié le mardi 20 janvier 2009 à 01H00 - Vu 932 fois

Le Stoper C2 fonctionne comme le pistolet à impulsion électrique utilisé par les forces de l'ordre. Destiné aux particuliers, il est en vente libre mais à une différence près : il n'est pas répertorié comme une arme par le ministère de l'Intérieur.
Avec ses 15 cm, il se présente comme un rasoir électrique. Rose pour les filles, bleu pour les garçons, il affiche parfois l'option MP3… et vous envoie au tapis en une fraction de seconde. Version branchée et grand public du Taser, le Stoper C2 se trouve en vente libre sur Internet.
Alors que la polémique enfle de part et d'autre de l'Atlantique sur la dangerosité du Taser, le Stoper C2 est désormais disponible en un tour de clic et pour 499 euros. Après avoir équipé policiers et gendarmes de l'Hexagone, le groupe Taser France vise désormais le grand public en proposant via son site le Stoper C2.
Comme son grand frère, le Taser X26, le Stoper C2 projette sur la personne visée deux dardillons et délivre une onde électrique. L'effet est immédiat : l'onde coupe le système nerveux, empêche les muscles de réagir et neutralise l'individu. Seule différence, notable, entre les deux modèles : le X26 délivre 19 impulsions par seconde pendant 5 secondes maximum alors que le modèle C2 délivre des cycles de 10 à 19 impulsions par seconde mais pendant 30 secondes.
« Le tir est spectaculaire », convenait Antoine Di Zazzo, le patron de Taser France interrogé sur le sujet avant d'ajouter néanmoins : « Mais il ne provoque qu'une simple contracture musculaire. Le Stoper C2 est deux fois moins puissant que le Taser X26 et a une portée de 4 mètres au lieu de 11. »
Aucun permis de port d'arme n'est requis. Pas de test psychologique, ni même une quelconque autorisation n'est nécessaire pour posséder cet engin. Et pour cause ! Le ministère de l'Intérieur ne le considère pas comme une arme alors que celui des forces de l'ordre françaises est classé en arme de 4e catégorie. Pour seule garantie, la société Taser référence ses clients.
Pour acquérir ce modèle, le mode d'emploi est simple : disposer de 499 euros, contacter la société Taser via un numéro vert et renvoyer le bon de commande dûment rempli. Seule une pièce d'identité et une lettre de motivation restent indispensables. Pour 100 euros supplémentaires, il faudra ensuite suivre une formation obligatoire dispensée par un instructeur de chez Taser France. Un unique tir d'essai sur cible et vous voilà désormais l'heureux propriétaire d'un Taser, garanti « Pièces et main-d'œuvre ».
Si avec le Stoper C2, Taser France vise un public féminin, n'est-il pas inconscient de mettre une telle arme entre les mains de civils inexpérimentés ? Antoine Di Zazzo affirme en avoir déjà vendu plusieurs centaines, « comme arme d'auto-défense destinée aux femmes, à des médecins travaillant en banlieue ou à des commerciaux ».
On n'empêchera pourtant pas de se développer un marché parallèle, notamment dans les banlieues.
Une dernière question se pose : en cas de blessures suscitées par l'utilisation du Taser, son propriétaire sera-t-il poursuivi pour coups et blessure involontaires, port d'arme illégal ? Le débat reste ouvert…
Corinne Lange

**********

La plus grande réserve est de mise

S'il y avait bien un sujet tabou hier qui faisait d'ailleurs l'unanimité à la direction de la police comme à celle de la gendarmerie de l'Aisne, c'est le Stoper C2, le dernier avatar de la société Taser, à destination des particuliers. Certes en vente depuis plus d'un an mais qui suscite réserve, voire hostilité depuis peu. A la Direction départementale de la sûreté publique, on joue la carte du droit de réserve, alors, c'est à Régis Parquet, un policier de terrain, syndicaliste engagé que l'on pose la question : « Les policiers qui utilisent le Taser ont été formés, ils sont très encadrés et continuent à avoir des stages intensifs. Le Taser est une arme alternative. Comme toute bonne arme, elle peut être détournée de son emploi. » Deux cambrioleurs ont utilisé un Taser pour dévaliser un retraité en Meurthe-et-Moselle, dans la nuit de dimanche à lundi. Un fait-divers qui fait bondir Régis Parquet. « C'est inadmissible que le Taser puisse être aussi facilement accessible à la population. ça devrait être mieux encadré par la législation ». Un peu plus tard dans l'après-midi, Michèle Alliot-Marie a affirmé vouloir interdire la vente au grand public des « Tasers ». Ce type d'arme est actuellement classé en sixième catégorie, comme les couteaux ou bombes lacrymogènes. « Dans les faits, vous pouvez la posséder mais pas la transporter », explique le Colonel Gauffeny, patron de la gendarmerie de l'Aisne. « Il ne m'appartient pas de dire si une telle arme doit être à la disposition de tous. Nous avons dix « Tasers ». Il y a eu trois tirs l'an dernier. En France, chez nous une telle arme a permis de faire chuter de 30 % l'usage de notre arme à feu. Pour les gendarmes, c'est une arme très utile. »
A.B.

L'union l'Ardennais