Publié le samedi 23 avril 2011 à 11H00 - Vu 347 fois
TROIS jours avant l'enlèvement et le viol d'une fillette de 5 ans, dans le quartier de la Faourette, à Toulouse, le suspect Christophe Guiboud-Ribaud, 40 ans, venait de rompre avec Mélissa (*).
Nos confrères de la Dépêche du Midi ont rencontré cette jeune femme de 26 ans, domiciliée à Muret, près de Toulouse.
Avec la révélation de cette affaire, la jeune femme a découvert qui était celui qui a partagé sa vie pendant un mois et demi. Dans son studio, à Muret, où nos confrères de La Dépêche l'ont rencontrée, Mélissa, ancienne animatrice de centre de loisirs, s'est dite « écœurée ». Elle témoigne de cette période vécue avec un homme au double visage, « affectueux, jamais violent mais parfois bizarre… ».
Comment l'avez-vous connu ?
« Un soir d'août 2010, j'étais au bord de la Louge avec des amis. On jouait du djembé. Il est arrivé avec un autre groupe et tout le monde a sympathisé. Il a pris le djembé et il s'est mis à jouer. Au début, je n'étais pas vraiment intéressée par lui. La soirée s'est passée et puis il m'a croisée dans la rue, quelques semaines plus tard. Mais ce n'est qu'au mois de février que ça s'est emballé. »
Une relation amoureuse est née ?
« Je l'ai revu par hasard à La Poste de Muret. Il m'a invitée à boire un verre dans un bar. On était mi-février et il m'a raconté qu'il venait de trouver du travail, au Vernet, et qu'il s'y rendait à pied. Par sympathie, je lui ai dit qu'un de mes voisins possédait une voiture et qu'il ne s'en servait pas… Il a accepté de l'emprunter. On s'est d'abord fréquenté pendant un mois, en restant amis. Il ne s'est rien passé. On était complice, il était avenant et très rigide dans son travail en tant qu'ouvrier de production. »
Il vous parlait de son passé ?
« Oui, il racontait que son père avait été tué quand il avait 11 ans, en région parisienne. Il a ensuite fugué de chez sa mère. Il parlait souvent du milieu carcéral. Il disait qu'il avait fait sept ans de prison pour des escroqueries. Mais je n'ai jamais cherché à en savoir plus. Je n'étais pas amoureuse de lui. Je le trouvais sympa, gentil et je pense que j'étais son type de filles. Il avait eu une copine en Espagne. »
Il faisait des allusions aux enfants ?
« À aucun moment je n'ai pensé qu'il pouvait avoir un penchant pour les enfants. Il se montrait très affectueux et notre relation intime n'avait rien de perverse. Parfois, il partait avec sa voiture et s'absentait durant de longues heures. Je ne sais pas où il allait. En un mois, il m'a envoyé 110 SMS pour dire qu'il m'aimait, qu'il pensait à moi… On s'est séparé mardi de la semaine dernière après une dispute banale. Quand on regardait la télé, il m'avait parlé du chanteur Carlos en me disant que cet homme aimait les enfants. »
Le soir de l'enlèvement, il vous a appelée ?
« Oui, c'était vers 23 h 30, vendredi. Il avait une voix bizarre, il m'a dit qu'il voulait partir. Il semblait affecté par notre séparation. Je me suis rendue à son domicile, mais il n'y était pas. Samedi matin, les policiers ont sonné à ma porte et j'ai appris ce qui était arrivé. »
Comment avez-vous réagi ?
« J'étais dégoûtée. Il a menti à tout le monde. Même à moi. C'est un monstre. Jamais je n'aurais imaginé tout ça. J'espère qu'il n'y a pas de lien entre notre séparation et ce qu'il a fait. »
(*) Prénom d'emprunt.
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