Publié le jeudi 09 décembre 2010 à 11H16 - Vu 1606 fois
C'était la pagaille hier au pont de Vesle. La route s'est vite transformée en patinoire.
De mémoire de Rémois, on ne se souvient pas d'une tempête de neige qui ait duré si longtemps. Circulation paralysée, voitures en travers, bouchons, piétons transis...
Pas plus de cinq kilomètres en deux heures : c'est peu dire que la circulation était problématique hier après-midi à Reims. Voilà comment on se fait piéger par la neige et les bouchons :
« Il est 16 heures quand je quitte le parking de la faculté de lettres de Croix-Rouge. La neige tombe dru depuis un moment déjà ; la voiture en est couverte. La visibilité est mauvaise, mais pour sortir du parking ça se passe bien, je suis quasiment seul à rouler. Dès l'approche du premier rond-point, au bas de la rue François-Guyard, les choses se gâtent un peu tout de même : plusieurs véhicules sont à touche-touche et ne semblent guère avancer. Mais enfin, je finis par m'engager sur l'avenue François-Mauriac en direction du centre-ville. Pendant quelques minutes, ça roule lentement sur la chaussée enneigée, mais ça roule. Et puis, rue François-Dor, ça ne roule plus ! A cause des feux tricolores un peu plus loin ? C'est ce que je me dis pour me donner bon espoir. Mais les minutes passent, quelques rares véhicules me croisent en sens inverse, mais sur ma file, ça n'avance toujours pas. Arrêt complet. Faut-il faire demi-tour comme certains conducteurs devant moi ?
A un moment, un piéton s'arrête à ma hauteur : « Il y a deux bus renversés, là-bas, on ne passe pas ! » Renversés, bigre ! Et puis finalement, voilà que la file s'ébranle, au bout de presque trois quarts d'heure d'attente. J'arrive enfin en vue du carrefour de la rue François-Dor avec l'avenue d'Epernay ; de loin, ça a l'air de bloquer par là, je tourne donc à gauche dans la petite rue Jules-Guesde pour rejoindre l'avenue de Paris. Effectivement, par là, ça roule… toujours lentement bien sûr.
Poids lourds en rade
Carrefour avenue de Paris/avenue d'Epernay : deux bus à l'arrêt, certes, mais quand même pas renversés ! Et puis deux poids lourds immobilisés en pleine chaussée, au bas de la montée vers Tinqueux. Un policier fait signe d'avancer malgré le feu rouge, je m'engage. Me voici rue du Colonel-Fabien. Et là encore ça va bouchonner : je vais mettre autour d'une demi-heure avant d'atteindre le pont de Vesle. Des voitures devant, des voitures derrières, des voitures en face… Pourtant on n'entend guère de klaxonnade : tout le monde doit avoir conscience que ça ne servirait à rien. Un haut 4x4, sans doute plus à l'aise que les autres sur ce terrain glissant, tente d'échapper aux bouchons en prenant une rue à droite ; mais il se ravise bientôt, et repique à gauche, en roulant sur… une allée piétonne semble-t-il… mais sans faire de dégâts…
Enfin le pont de Vesle. Les arbres enneigés aux abords de la Comédie forment un fort joli décor d'hiver. Sur le trottoir, les piétons ne semblent pas gênés outre mesure par les flocons qui continuent à tomber (ils n'ont d'ailleurs jamais cessé depuis que je suis monté dans ma voiture). Mais ça coince à nouveau pour les voitures : une camionnette arrêtée sur la pente du pont est incapable de redémarrer. Les minutes passent à nouveau. Enfin la camionnette en galère s'arrache, me permettant de poursuivre. Je peux à nouveau rouler, toujours prudemment, mais au moins j'avance. Rue Libergier, sans problème majeur, rue Talleyrand, et rue Condorcet, terme de mon expédition ; ça y est, je suis à bon port : deux heures et vingt minutes après avoir quitté mon parking de la fac… »
Antoine PARDESSUS
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