Publié le mercredi 30 juillet 2008 à 01H00 - Vu 185 fois
Les obsèques du jeune caporal Olivier Pasquier, sapeur-pompier décédé accidentellement la semaine passée, ont été célébrées hier à Soissons. Un hommage poignant et solennel. Plusieurs décorations lui ont été remises à titre posthume. PHOTO (Christian LANTENOIS) : Le cercueil du jeune pompier a quitté le centre de secours porté par ses camarades.
Christian Lantenois
HIER, 12 h 40 : les sapeurs-pompiers soissonnais forment une haie d'honneur à l'extérieur du centre de secours principal de Soissons. Les visages sont marqués.
Le cortège funèbre fait son apparition dans le hall d'entrée de la caserne. Les bottes des porteurs du cercueil d'Olivier Pasquier claquent en cadence et rompent le silence pesant. Les sapeurs-pompiers se mettent au garde-à-vous au passage de leur camarade. Les regards se baissent en signe de recueillement. Les officiers le saluent une dernière fois. Le cercueil est hissé sur le véhicule de la grande échelle, puis enveloppé du drapeau tricolore. La famille, les proches et près de 200 sapeurs-pompiers partent en cortège en direction de la place Fernand-Marquigny.
13 h 30. Place Fernand-Marquigny, les Soissonnais s'agglutinent en silence derrière les barrières. « C'est un minimum d'être là pour honorer ce jeune caporal, car les sapeurs-pompiers sont toujours là quand on a besoin d'eux », confie une jeune maman, la gorge serrée. Le cortège fait son apparition. Les troupes prennent position sur la place.
14 heures. La Marseillaise retentit. Le cercueil est amené au centre de la place. Toujours les mêmes pas qui claquent. Toujours le même silence, parfois troublé par des sirènes au loin. Le préfet Stéphane Fratacci, le colonel Christian Ménage et les élus passent en revue les troupes. À l'ombre des arbres, la foule est importante pour une fin de mois de juillet.
Dans son discours, le représentant de l'État a ensuite adressé ses condoléances à la famille tout en rappelant « le dévouement de ces hommes et ces femmes qui interviennent au péril de leur vie pour secourir les autres ». Un discours au nom du gouvernement, qui brillait par son absence. Ni Michèle Alliot-Marie, ministre de tutelle des sapeurs-pompiers, ni même Xavier Bertrand, ministre du travail et élu saint-quentinois n'ont daigné faire le déplacement ou bouleverser leur agenda pour la circonstance. Une « pilule amère et difficile à avaler » dans les rangs des sapeurs-pompiers.
14 h 50. Le cortège funèbre arrive sur le parvis de la cathédrale. Les anonymes s'arrêtent pour déposer une fleur et rédiger un mot sur les registres de condoléances. La famille, toujours digne, entre, suivie des sapeurs-pompiers, du personnel du centre hospitalier qui arborait un ruban blanc sur le cœur.
Avant le début de la cérémonie religieuse, les jeunes sapeurs-pompiers de Vailly-sur-Aisne - où le caporal Pasquier avait fait son apprentissage - ont tenu à rendre hommage « à ce grand brun avec une petite mèche blanche qui avait toujours le sourire et sur qui on pouvait toujours compter […] même de là-haut tu seras toujours dans nos cœurs ». Une vive émotion également exprimée par ses collègues de Soissons : « aujourd'hui on a perdu un ami, un collègue, un frère… tu laisses une famille en berne qui souffre […] Nous ne te disons pas adieu, mais juste au revoir ». Ces hommages se sont achevés par les mots d'amour d'une mère et d'une compagne submergées par l'émotion et la tristesse.
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La ville communie avec ses pompiers
Soissons s'est figée, hier. Vers 13 heures, la ville s'est plongée dans un profond silence de recueillement et de douleur partagée. Dans le centre-ville, la circulation avait été bloquée autour de la place Fernand-Marquigny pour permettre l'organisation des honneurs funèbres. Les Soissonnais qui se sont peu à peu massés autour de la place l'ont fait sans bruit, dans le respect et le chagrin, et c'est une foule importante, constituée de sapeurs pompiers des autres centres de secours, de personnalités, qui a accueilli le cercueil du caporal Olivier Pasquier, sa famille, sa compagne et ses collègues de Soissons et de Vailly-sur-Aisne.
« C'est dans l'émotion et la tristesse que nous sommes réunis aujourd'hui à Soissons pour rendre un dernier et solennel hommage au caporal Olivier Pasquier, sapeur-pompier professionnel décédé dans l'exercice de sa mission, le 25 juillet dernier », soulignait Stéphane Fratacci, préfet de l'Aisne, « à sa compagne Sophie Josseau, à ses parents Jean-Pierre et Danielle Pasquier, à ses proches et à tous ses camarades, je veux dire ma tristesse, ma compassion, ma solidarité ainsi que celle de la Nation tout entière ».
Les pensées du représentant de l'État allaient également vers « ses coéquipiers et ses collègues, présents hier à ses côtés dans l'action et aujourd'hui dans la douleur ». Une douleur qui se lisait dans les yeux rougis et les traits marqués au sein des rangs des soldats du feu.
Reconnaissance
À titre posthume le caporal Olivier Pasquier a été décoré de l'insigne de chevalier de la légion d'honneur, médaillé d'or pour acte de courage et de dévouement et médaillé d'honneur des sapeurs-pompiers. Il a également été promu au grade de sergent par Jean-Jacques Thomas, président du service départemental d'incendie et de secours. Chacun aura à l'évidence partagé les propos du préfet : « Notre reconnaissance, celle de tous les Axonais ici présents ou dont les pensées se joignent à nous, oui notre reconnaissance se mesure à l'aune de l'engagement quotidien des sapeurs-pompiers. Elle est immense. »
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