Publié le mercredi 08 février 2012 à 11H02 - Vu 147 fois
Patrick Longuet, conseiller municipal et agriculteur à Nouvion-sur-Meuse revient sur les différends qui l'opposent à son locataire M. Thomas, restaurateur de la Grande du Berry. S'il reconnaît une bonne partie des faits et certaines irrégularités, il nie avoir proféré des menaces et coupé le chauffage.
IRRÉGULARITÉ du bail. Patrick Longuet ne le conteste pas, il n'est pas le propriétaire des lieux. Le local appartient à son père, actuellement sous tutelle. Ce dernier, le loue à son fils depuis 1978. Locataire, ce dernier a décidé de le sous-louer à M. Thomas : « Il n'était pas question de voler mon père, ça n'a jamais été mon intention, se défend-il. Vous savez je n'y connais pratiquement rien. Je ne suis pas très paperasse. Je lui ai fait confiance. C'est lui qui m'a amené tous les papiers, il était pressé ». Deux documents portant bail (local et équipements) ont été signés sous seing privé en mars puis avril 2011 pour un loyer de 700 euros.
- Les raisons de cette mise en location. Il l'explique par les dettes contractées à l'occasion de l'ouverture du restaurant de sa fille dans ce même lieu. L'établissement avait fermé ses portes quelques mois auparavant : « J'étais pris à la gorge. En tant que (cautionnaire) je dois payer encore 11 000 euros pour le matériel. C'était un moyen de rembourser et en plus d'utiliser le local, de ne pas détruire ce qui avait été fait ».
- Sur son refus de voir les chèques de loyer établis au nom de son père. « C'est normal que ce soit à mon nom puisque c'est moi qui rembourse le matériel. Pour moi, les 700 euros ne portent que sur la location de l'équipement ». Une interprétation qui ne correspond évidemment pas à ce qui est établi dans les baux. M. Thomas a en effet décidé d'établir les chèques* au nom du véritable propriétaire des lieux, c'est-à-dire le père de M. Longuet. Il les envoie à sa tutrice, sa fille et donc la sœur de Patrick Longuet. Mais M. Longuet père ne touche aucunement cet argent puisque cette dernière reverse ces fonds à son frère d'un commun accord. La juge des tutelles est informée de cette situation mais n'aurait pour l'heure prononcé aucun avis sur cette pratique. Tout comme sur la mise en location de fait, des biens de M. Longuet.
« Je ne suis pas très paperasse »
- Démantèlement de la terrasse. « Cette terrasse nous l'avions montée quand ma fille tenait le restaurant. Dans la lettre d'autorisation du maire, il est écrit qu'on doit la démonter. On ne l'avait pas fait l'année dernière à cause de la neige et puis j'étais occupé. Là je voulais le faire parce qu'en plus, c'est du bois, donc ça peut pourrir […] Dès que les gendarmes sont arrivés et m'ont dit d'arrêter, j'ai arrêté. Par contre, je suis allé ranger le bois que j'avais défait ».
- Menaces. Le conseiller municipal réfute toutes menaces directes contre M. Thomas. Néanmoins, il concède être venu au restaurant au mois d'août, avec une masse suite à un coup de fil de sa sœur (la tutrice), alors sur place : « Elle m'a dit qu'il souhaitait investir une pièce à vivre à côté du restaurant. J'étais contre. Ma sœur plutôt pour. Et puis, elle m'a dit qu'elle était prête à racheter le matériel pour notre père, comme ça les chèques de M. Thomas pourraient être adressés à mon père. Alors j'ai dit à ma sœur : ''J'arrive, ça va barder. Je te préviens je viens avec la masse. Je vais tout casser comme ça, ça sera réglé''.
- Blocage de l'arrière du restaurant. Cela a bien eu lieu par deux fois, par un tracteur puis avec des chaînes : « C'était parce que je n'arrivais pas à avoir mes chèques. Mais de toute façon, c'était à l'arrière du bâtiment, là où il n'a aucun droit de passage ».
- Coupure de chauffage. Le local où est entreposée la chaudière n'entre pas dans le bail de location selon M. Longuet. La fille de M. Longuet l'utiliserait comme débarras depuis 2010 : « Il y a toujours eu un cadenas sur la porte. Quant à la chaudière, elle fonctionne. J'ai encore pris une photo où on voit qu'elle est allumée », détaille Charlène. Pour cette affaire, les deux parties passeront devant le tribunal le 14 février prochain.
M.T.
* M. Thomas a toujours réglé ses loyers par chèques.
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