Jeunes et forces de l'ordre s'opposent sur le déroulement des faits

Publié le samedi 21 novembre 2009

Les incidents de jeudi ont éclaté lorsque les gendarmes mobiles ont commencé à pousser les manifestants qui bloquaient l'accès au lycée Roosevelt.

Les incidents de jeudi ont éclaté lorsque les gendarmes mobiles ont commencé à pousser les manifestants qui bloquaient l'accès au lycée Roosevelt.

Christian LANTENOIS

Des manifestants ou des forces de l'ordre, qui a déclenché les hostilités ? La réponse varie évidemment d'un camp à l'autre.
« Organisés en cortège pacifique, les lycéens se sont vus charger par les CRS* sans la moindre sommation », accuse un représentant des « lycéens mobilisés de Reims » dans un courriel envoyé à la presse.
« Les gendarmes ont chargé alors qu'il n'y avait aucune violence », ajoute une élève de Roosevelt, Marine, 16 ans. Avec trois copines de sa classe de seconde, elle a participé au rassemblement organisé à partir de 13 h 30 devant le lycée. « La veille, à la fac, un syndicat avait appelé à un blocus. Nous y sommes allées avant la reprise de nos cours à 15 heures. Quelqu'un du syndicat nous a apporté un mégaphone et une banderole. Les gendarmes étaient devant nous. Ils se sont mis en ligne. Ils ont chargé avec les boucliers alors qu'il n'y avait aucune violence à ce moment-là. Ils ont sorti les matraques et ont tapé tout le monde, même les filles. Moi, j'ai été poussée. Une copine m'a rattrapée avant que je ne tombe. Les gens se sont retrouvés coincés contre les murs. Beaucoup sont tombés. Ça faisait des piles de gens par terre. C'est quand les gendarmes ont commencé à frapper que des manifestants ont jeté des choses sur eux. »
« Faux ! » rétorque un responsable policier du dispositif.
Selon ce responsable policier, il y avait « 150 à 200 personnes qui bloquaient l'accès au lycée Roosevelt ». « Le Premier ministre et sa suite n'auraient pas pu entrer. Il fallait dégager l'entrée. Les gendarmes mobiles ont formé une première ligne. Nous avons fait le choix d'un dispositif léger, sans casque, car nous avions en face des lycéens. La première ligne a avancé pour les faire reculer. Nous pensions qu'ils allaient être impressionnés mais ils ont fait deux pas en avant. Arrivée au contact, la première ligne n'a pas réussi à les pousser. Il y avait trop de monde derrière. Une deuxième ligne est venue la renforcer. Les gendarmes mobiles ont commencé à recevoir des coups et des projectiles lorsqu'ils ont refoulé les manifestants. Des effectifs policiers se sont alors joints à eux pour appréhender les auteurs de violences qui ont pu être identifiés. »
Combien de blessés ?
Le bilan est de deux blessés légers dans les rangs des forces de l'ordre prises pour cibles avec des pierres et des bouteilles. « Le choix d'un dispositif léger, sans casque, s'est retourné contre nous car les deux blessés - un policier et un gendarme - l'ont été par des projectiles reçus dans le visage. »
Du côté des manifestants, des rumeurs font état de quatre lycéens blessés, dont un qui a eu « les deux genoux fracturés ». En fait, selon nos informations, les pompiers n'ont pris en charge qu'un seul blessé considéré comme « léger ». Il s'agit d'un jeune homme qui se plaignait de douleurs aux jambes, et qui « n'arrivait plus à se relever après avoir été reçu des coups » lors de la charge, assure une camarade. Elle précise qu'il est sorti de l'hôpital « jeudi soir ». Les personnes qui ont jeté les projectiles ayant blessé le policier et le gendarme n'ont pu être identifiés.
F.C.
* Il s'agit en fait de gendarmes mobiles de l'escadron de Dijon.

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