Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 12H00 - Vu 108 fois
Le capitaine Masson (à droite) a inspecté la communauté de brigades qui a perdu 1/5e de son effectif.
Une délinquance en nette progression qui s'adapte aux territoires et aux nouvelles technologies, des effectifs qui diminuent : 680 dans l'Aisne contre 730 deux ans plus tôt ; la mission des gendarmes n'est pas simple.
Les résultats obtenus dans leur guerre contre la délinquance se révèlent à la hauteur de leur pugnacité et de leur minutie. Il suffisait pour s'en convaincre de pousser la porte de la mairie d'Anizy-le-Château où le capitaine Masson, commandant la compagnie de Laon, livrait les conclusions de l'inspection annoncée de la communauté de brigades de gendarmerie Coucy-le-Château - Anizy-le-Château.
Le maire tire le signal d'alarme
Fabrice Langlet, l'hôte des lieux, souhaitait la bienvenue aux militaires, le capitaine Masson, le lieutenant Henry, commandant de la communauté de brigades Coucy-Anizy, l'adjudant-chef Karadec, commandant de la brigade, aux gendarmes, gendarmes adjoints, retraités de la gendarmerie ainsi qu'aux différentes personnalités, élus du territoire…
L'édile du bourg centre relayait les inquiétudes des élus du territoire d'intervention et de sa population, tout en se montrant convaincu du rôle indispensable de leurs missions : « Nous sommes pleinement satisfaits de cette protection, de votre vigilance et avons pleinement confiance en vous. »
Après avoir pointé du doigt l'officielle optimisation des synergies sur fond de réformes, de fusion de la police et de la gendarmerie, de logique économique et de réduction des coûts qu'il assimile à un démantèlement du service public, le maire tirait le signal d'alarme : « Il n'y a pas de doute. L'insécurité grandit dans nos territoires ruraux. »
Et de reprendre les chiffres les plus parlants, annoncés par le préfet, une semaine plus tôt : plus 5 % en matière de délinquance dans l'Aisne, une progression de 14 % des cambriolages, de 3 % des escroqueries. De l'avis de Fabrice Langlet, les malfrats s'adaptent aux territoires, se délocalisent des villes vers la campagne, le plus souvent dépourvue de police municipale et de vidéosurveillance en raison de capacité financière plus limitée.
Comment la gendarmerie, dans un avenir proche, pourra-t-elle, avec la multiplicité de ses missions, conjuguer efficacité face à l'augmentation des faits criminels et délictueux avec un effectif moindre : trois gendarmes en moins à Anizy (deux mutés et un en formation pour un an, non remplacé), un gendarme à la retraite et non remplacé à Coucy, soit 1/5e de l'effectif en moins. « Ne va-t-on pas vers la banalisation des délits mineurs en ne traitant plus, à défaut de moyens, que les délits les plus graves ? » Le spectre du démantèlement progressif de la gendarmerie, sacrifiée sur l'autel de la rentabilité, est brandi.
Le conseiller général Daniel Counot a ajouté une petite louche en évoquant le désagrément d'élus apprenant par la presse des faits et interventions survenus sur leur territoire, des populations aux aguets. Il s'interroge sur l'avenir de la brigade. « Comme un rouleau compresseur, une machine que rien ne semble devoir arrêter s'est mise en place », concluait-il, tout en louant l'efficacité des militaires.
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