Publié le jeudi 11 mars 2010 à 11H55 - Vu 162 fois
Début janvier, Philippe Flament a agressé sexuellement une femme de 78 ans, sourde et muette. Hier, ce Ternois a été condamné à cinq ans de prison ferme.
L'AFFAIRE est d'autant plus sordide que la victime est vulnérable et cela, l'agresseur le savait parfaitement. Selon le substitut du procureur Xavier Sicot, c'est justement pour cette raison que Philippe Flament s'en est pris à cette dame. Âgée de 78 ans, elle vit seule et surtout, elle est sourde et muette : impossible pour elle d'appeler au secours. « Cet homme ne s'est pas retrouvé là par hasard contrairement à ce qu'il essaie de nous faire croire aujourd'hui. Il parle d'une pulsion, explique ensuite qu'il ne sait pas pourquoi il a agi ainsi et finit par dire qu'il ne se souvient de rien. Je suis persuadé que cette agression sexuelle, qui aurait pu être jugée devant les assises puisque c'est d'un viol que l'on parle, était un acte réfléchi ».
Le 5 janvier dernier, après avoir bu quelques verres dans un café de Tergnier, Philippe Flament décide « d'aller présenter ses vœux à cette dame qu'il connaît de vue ». Une explication qui ne convainc guère les juges laonnois compte tenu de l'heure tardive : les faits se sont produits vers 23 h 30. L'homme de 55 ans empoigne sa victime par le bras et l'entraîne dans le sous-sol de sa maison. Il lui ôte son pantalon et ses sous-vêtements avant de se déshabiller à son tour. « Pendant cinq minutes », estime le prévenu, il va se frotter à elle sans la pénétrer car il ne parvient pas à avoir une érection. Il finira par lui introduire un doigt dans le vagin. La victime se débat mais il « la neutralise » selon ses propres termes, avec une bombe lacrymogène.
Parcours chaotique
La personnalité de Philippe Flament ne joue pas franchement en sa faveur. En 1984, il a été jugé et condamné pour des faits similaires commis à Compiègne. De lui-même, il a évoqué d'une autre agression mais sans souvenir de la date ni de l'endroit où elle aurait eu lieu, précisant qu'il a fait de la prison pour cela.
Mais dans la mesure où son casier judiciaire n'en porte pas trace, les magistrats ne pouvaient en tenir compte.
En revanche, le président Marc Sauvage s'est attardé sur la personnalité de cet homme au parcours chaotique qui a quitté l'école à 15 ans, en classe de sixième. Il a ensuite enchaîné les petits boulots, s'est marié et a divorcé deux fois, a eu trois enfants avec lesquels il n'a plus aucun contact. S'il évoque volontiers un problème avec l'alcool, c'est pour occulter celui qu'il semble avoir avec le sexe. Pour preuve, la décoration de son appartement passe par des posters pornographiques. « Cela vous travaille ? », lui demande le juge. « Non, je trouve que ce sont de belles choses à voir ».
« Une sanction exemplaire »
Impassible, il écoute le procureur marteler qu'il « s'est servi de cette femme comme d'un objet sexuel, ne s'est pas excusé une seule fois. Ces faits, inadmissibles dans notre société, méritent une sanction exemplaire ». Les juges l'ont fixée à cinq ans d'emprisonnement, à l'issue desquels il fera l'objet d'un suivi sociojudiciaire pendant cinq ans. Il devra également indemniser sa victime à hauteur de 7000 euros. En détention provisoire depuis un mois, il a été ramené directement à la prison.
Lucie LEFEBVRE
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