Publié le jeudi 19 février 2009 - Vu 124 fois
C'est au cinquième étage de cet immeuble que le drame s'est déroulé.
Christian LANTENOIS
TROIS mêmes noms sur le registre des décès de l'état civil… Trois noms, ceux d'une même famille, tous morts la semaine dernière à Reims. Le drame resté discret jusqu'à présent est apparu hier au grand jour à travers un vulgaire acte administratif : David Cathrin, 34 ans, André Cathrin, 63 ans, et Nadine Cathrin, 59 ans, sont décédés dans la semaine du 9 au 15 février.
Si aucune information n'avait filtré jusqu'à présent, c'est que ces morts, aussi terribles soient-elles, n'entraînent aucune ouverture d'information judiciaire. L'ensemble des « protagonistes » étant décédé, l'action publique est en effet éteinte.
Selon les éléments de l'enquête réalisée sur les lieux du drame et dans l'entourage des victimes, la découverte des corps s'est faite le lundi 9 février, 4 rue de Turenne dans le quartier Val-de-Murigny à Reims. Au cinquième étage de l'immeuble, les voisins ont vu débarquer dans l'après-midi pompiers et policiers. À l'intérieur, derrière la porte A, le corps d'un homme, André Cathrin, avec une arme à feu à ses côtés. Dans la chambre, son fils mort, tué par la même arme à feu. « Il s'agit d'un drame familial », explique Madeleine Simoncello, la procureur de la République. « L'enquête a montré que l'homme a tué son fils malade avant de mettre fin à ses jours. La mère était atteinte d'une grave maladie et elle est morte deux jours après qu'on lui ait annoncé ce drame. ».
André Cathrin, était coiffeur et tenait un petit salon de quartier dans la rue Marie-Stuart à proximité du centre-ville. Son fils, David, était touché par les symptômes de l'autisme tandis que sa femme, Nadine, était hospitalisée pour une grave maladie au stade terminal.
Difficile de savoir ce qui a motivé le geste du père.
Peut-être la douleur et le poids de voir partir sa femme et de se retrouver seul à gérer la maladie de son fils…
Rue de Turenne hier, c'était en tout cas la stupeur chez les voisins.
Dans le quartier du Val-de-Murigny, la famille Cathrin résidait dans un petit immeuble de six étages situé au numéro 4 de la rue.
Le drame qui s'y est déroulé n'a perturbé ni le calme, ni le quotidien des autres riverains. Peu de personnes ont eu vent de la tragédie qui a eu lieu à quelques mètres de chez eux.
« Non honnêtement, je n'étais pas au courant de cette histoire. Je n'en ai même pas entendu parler par d'autres voisins c'est incroyable ! » s'étonne cette femme qui habite un immeuble voisin. Pire encore, dans l'immeuble même, personne n'a rien vu ni même entendu, que ce soit au rez-de-chaussée, au 3e étage ou au 4e, à croire même que rien ne s'est passé. « Oui je l'ai appris mais je n'en sais pas plus que cela. Ici on se parle peu. Je n'ai rien entendu » raconte une voisine.
« Je connaissais le père de vue mais ça s'arrêtait à des échanges de politesse « bonjour », « au revoir » mais rien de plus » explique une jeune femme du 4e étage.
« Je n'ai même pas entendu de coup de feu » ajoute-t-elle.
Une autre voisine de la famille avait été interpellée la semaine dernière par un regroupement de véhicules avec des gyrophares.
« Oui la semaine dernière, j'ai vu plein de voitures de police et des camions de pompiers, mais je ne m'imaginais pas qu'une telle histoire avait eu lieu dans notre quartier. C'est fou ! »
Une auxiliaire de vie qui travaille pour une personne âgée dans le même immeuble raconte que la dame pour qui elle travaille connaissait le fils.
« Mais d'après ce qu'elle m'a raconté, elle n'était pas au courant de la mort de celui-ci. Elle pensait même que seul le père était décédé. »
En fait, il était trois. Trois d'une même famille, unis dans la douleur et dans la mort…
Thierry Accao-Farias, Fabrice Curlier, Corinne Lange et Grégoire Amir-Tahmasseb
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