Publié le mercredi 01 juillet 2009 à 01H00 - Vu 79 fois
« La photocopieuse et le scanner que j'avais prêtés à la boîte, mon employeur, pour me les rendre, les a jetés dans la rue », explique Cyril Druard.
Audrey Benzaken
« JE tiens absolument à ce que ça se sache et que ce gars-là ne recommence plus jamais ça ».
Très choqué, Cyril Druard accuse son employeur d'avoir usé de méthodes crapuleuses pour mettre fin à son contrat. Employé le 5 mars dans une société d'Asfeld - Ardennes plaquiste -, l'homme devait achever sa période d'essai le 5 juin. Seulement le 20 mai dernier, la collaboration a été interrompue plus tôt que prévue.
Incompréhension
« Je voulais me rendre chez un client que j'avais déjà rencontré pour conclure une affaire et, là, M. Pinto m'a dit que c'est lui qui irait », explique Cyril Druard. « Je lui ai demandé si je serais, tout de même, commissionné vu que c'était mon client et, là, il m'a dit d'aller me faire foutre et de dégager de son magasin. Il m'a attrapé par le bras, m'a bousculé et quand je me suis baissé pour ramasser ma sacoche, il m'a roué de coups, sur la tête et la nuque, et m'a donné des coups de pieds avant de me jeter dehors. »
Conduit par sa femme, M. Druard se rend aux urgences, d'où il ressort avec une minerve et un arrêt de travail, prolongé depuis jusqu'au 30 juin.
Peu de temps après l'incident, l'employé reçoit une lettre de son patron lui indiquant que c'est lui qui a mis fin volontairement à son contrat. « Pourquoi j'aurais fait ça ? J'avais plusieurs affaires en cours », précise Cyril Druard. « Et mon employeur n'avait aucune raison de me mettre dehors, si ce n'est pour récolter le fruit de mon travail. En avril, j'ai fait 28.000 euros de chiffre d'affaires. Ma femme ne me voyait plus, je me levais à 7 heures, je ne mangeais pas le midi, je finissais, à 21 heures en semaine et, le week-end, je faisais les salons pour développer notre clientèle ».
Sans salaire depuis des mois
Aux coups et manœuvres malhonnêtes s'ajoutent un autre grief, la destruction de biens.
« Mon patron a aussi détruit pour 800 euros de matériel que j'avais prêté à la boîte, en les jetant dans la rue pour me les rendre », poursuit Cyril Druard. « Cette situation n'a pas étonné mon entourage. Apparemment, les colères de M. Pinto sont légendaires. Les gens ne voulaient pas se mêler de nos affaires, mais j'aurais aimé être au courant avant. C'est bien pour ça que je ne peux pas me taire ».
L'homme a ainsi porté plainte à la gendarmerie et une enquête a été ouverte par la communauté de brigades d'Asfeld. Le mis en cause, Freddy Pinto, a été entendu le 19 juin dernier par les militaires. A l'issue de son audition, l'intéressé s'est vu remettre une convocation pour comparaître devant le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières le 8 octobre prochain.
Depuis, Cyril Druard, en procédure de mise à pied conservatoire, a passé un entretien préalable de licenciement dans les locaux de son employeur, accompagné d'Eric Gilles, représentant syndical CFTC.
L'entretien, censé lui indiquer les droits auxquels il peut prétendre, s'est déroulé dans des conditions sommaires et ne s'est pas montré très concluant. « Nous sommes restés debout pendant 45 minutes et M. Pinto m'a énoncé un certain nombre de reproches en me posant des questions », raconte Cyril Druard qui n'a toujours pas touché de salaire depuis la mi-avril et qui vit aujourd'hui grâce à la solidarité familiale.
A.B. et E.D.
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