Publié le mercredi 15 février 2012 à 12H00 - Vu 648 fois
Le camp est situé
La Mairie souhaite résoudre le problème posé par les ordures ménagères dans le camp des gens du voyage, ainsi que celui lié à leur installation. Mais les solutions ne sont pas évidentes à mettre en œuvre…
«ON a fait les deux champs autour. En tout, un camion benne a été rempli. » Cédric Glad, employé municipal, était sur le terrain de La Grèverie lundi. Lui et trois de ses collègues sont intervenus en fin de matinée et en début d'après-midi sur la zone bordant le camp de gens du voyage situé à la sortie de Menou. Leur but : nettoyer les lieux, car, à force de papiers, de plastiques, d'objets de la vie quotidienne, le terrain commençait à être sérieusement dégradé.
Des cas de gale
« Nous avons agi avant que la situation devienne critique », justifie Lionel Philippot, directeur des travaux à la Mairie de Sainte-Ménehould. « Si nous avions attendu, nous aurions couru le risque que les sols soient détrempés, pleins de boue, ce qui aurait compliqué leur déblaiement. » Mais une autre urgence pointe le bout de son nez : les conditions sanitaires. Plusieurs cas de gale concernant des enfants du camp auraient été rapportés par une spécialiste, il y a quelques semaines. Ces problèmes viennent s'ajouter à ceux qui animent, depuis plusieurs années, les relations entre sédentaires et nomades dans le canton. Il y a quelques mois, plusieurs caravanes étaient venues s'installer sur le terrain de football de La Grange-aux-Bois. Durant cette période, du papier toilette usagé jonchait le sol en lisière de forêt, déclenchant le mécontentement des riverains. Par ailleurs, un certain nombre d'habitants regrettent que les nomades bénéficient d'accès aux soins, à l'éducation et à des aides pour la restauration scolaire, ainsi que d'une alimentation en eau et en électricité (dans des conditions particulières), sans débourser pour cela un centime.
Mais la situation pourrait évoluer dans les prochaines semaines. Le maire, Bertrand Courot, a convoqué plusieurs représentants de la communauté des gens du voyage de Sainte-Ménehould pour tenter de trouver avec eux une solution. Il a promis qu'un container serait installé dès lundi dernier pour que les occupants du camp y entreposent leurs ordures. Hier soir, on ne voyait toujours rien à l'horizon. Il a également demandé à certains foyers de partir, le camp étant en sureffectif ; des départs auraient ainsi été enregistrés ces derniers temps et il ne reste que 14 foyers à La Grèverie. Par ailleurs, le premier magistrat a fait part de sa volonté de faire payer une sorte de loyer par les occupants : 10 euros par semaine pour chaque caravane seront ainsi demandés.
« Si je dois payer, je m'en vais ! »
« C'est une contribution intermédiaire, explique le maire, à la hauteur du service : les gens du voyage ne disposent pas de sanitaires ni de douches, mais ils ont l'électricité et l'eau, et profitent des services communaux ». En effet, le camp n'offre pas les services minimum requis pour une ville d'une telle importance dans son secteur (sanitaires et douches, électricité, dispositifs de collecte des ordures ménagères). Le bâtiment qui avait brûlé le 6 mai dernier n'a pas été reconstruit, car les assurances ne l'auraient pris en charge « que s'il est pratiquement indestructible », précise le maire. L'alimentation en énergie se fait actuellement via des branchements sauvages, installés au mépris des normes et donc particulièrement dangereux. Quant à l'eau, elle ne leur parvient que par des robinets qu'il faut faire fonctionner constamment, « sinon, l'eau gèle », explique Jessy, un habitant du camp. Ce dernier était présent à la rencontre organisée par le maire. Il préférerait, dans son cas, payer plus cher pour avoir des installations aux normes : douches, WC et électricité, le tout à ses frais et non à ceux du contribuable. Mais il ne se fait guère d'illusions. « Ici, on n'est pas près de vivre comme à Châlons », regrette-t-il.
Dans le reste de la communauté, les avis sont partagés. D'aucuns pensent qu'il est tout à fait normal de payer une contribution pour l'eau et l'électricité. Bien que, si c'est le cas, il faudrait des installations un peu plus adéquates. Mais d'autres occupants des lieux sont opposés à l'idée de mettre la main au portefeuille. « Je suis ici justement parce que c'est gratuit, argue l'un d'eux. Si je dois payer, je m'en vais ! J'ai effectué des demandes pour être dans une maison à Menou, si je l'obtiens, je paierai mes charges comme tout le monde. Mais pas ici, pas dans un lieu comme celui-là. »
Un problème qui, on l'aura compris, pourrait encore faire couler beaucoup d'encre. Et qui commence à coûter cher au contribuable. « Ce sont 50 000 euros qui sont dépensés à cet effet chaque année, estime Bertrand Courot. Jusqu'à présent, les assurances remboursaient aux deux tiers : mais elles commencent à se désengager. À Long terme, il va bien falloir trouver une solution. »
David BUGEAT
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