Publié le jeudi 01 novembre 2007
Vincent et Céline Keller sont encore sous le choc de la mort de leur chienne de 5 ans.
Philippe Robin
«FAUT-IL attendre une catastrophe pour faire quelque chose ? On ne peut pas rester avec trois rottweillers comme ça, à côté de nous ! »
Cinq jours après l'agression mortelle de leur petite chienne de cinq ans, Tempête, par l'un des trois rottweillers du pavillon voisin à Maast-et-Violaine, Vincent et Céline Keller étaient, mardi, toujours partagés entre l'émotion, la colère et la peur.
« Jeudi dernier, vers 18 heures, nous étions dans le jardin. Le chien d'à-côté a défoncé notre grillage et il a attaqué notre chienne. Nous n'avons rien pu faire », explique Vincent Keller. « C'est la propriétaire du chien qui nous a emmenés chez le vétérinaire, à Fère-en-Tardenois, mais il était trop tard », complète son épouse.
Enquête en cours
Dans son certificat, le vétérinaire n'a pu que constater la présence de plusieurs morsures et noter que « la violence de l'agression était telle qu'elle a certainement entraîné le décès soit immédiat, soit très proche après l'agression ».
Pour le couple présent dans le village depuis cinq mois seulement, « il y a quand même un danger avec ces trois rottweillers. Il y avait déjà eu un problème, moins grave, avec le chien d'un voisin, mais surtout, dans la commune, il y a beaucoup d'enfants. » Ce sentiment de peur est d'autant plus vif que la jeune femme est enceinte. « On n'osera jamais aller dehors avec le bébé », confient d'une même voix les futurs parents.
Aménagement refusé
Les époux Keller ont, dès le vendredi, porté plainte à la gendarmerie. « C'est la brigade d'Oulchy-le-Château qui est chargée de l'enquête. Comme il s'agit d'une agression de chien à chien, il faut préciser les circonstances », indique le capitaine Duhoux, adjoint au commandant de compagnie.
Tandis que les propriétaires de la chienne tuée ont lancé une pétition pour « interdire ces molosses dangereux sur la commune », le maire, Jacques Deville, ne cache pas son embarras.
« Je suis très embêté. Lundi soir, lors de ma permanence, j'ai reçu les propriétaires du chien tué, puis le propriétaire du rottweiller. Quelle que soit la décision que je prendrai, je ferai des mécontents », souligne le premier magistrat.
L'élu juge, néanmoins, les propriétaires des rottweillers « très réglos. Ces chiens sont déclarés et le propriétaire a d'ailleurs suivi des sessions de formation au club canin de Bucy-le-Long. »
Jacques Deville note également que « le propriétaire avait voulu aménager une clôture plus importante autour de sa maison, mais la demande a été rejetée par l'architecte des bâtiments de France en raison de la proximité avec l'église ». Contacté, le propriétaire des rottweillers n'a souhaité faire « aucune déclaration ».
Alors que les époux ont écrit au Président de la République et ont déjà reçu un accusé de réception leur indiquant que leur courrier était transmis au préfet de l'Aisne, cette affaire pourrait bien être l'un des premiers dossiers que le nouveau sous-préfet de Soissons, Paul Coulon, trouvera sur son bureau en prenant ses fonctions lundi prochain.
Philippe Robin









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