Publié le jeudi 12 mars 2009
Les opposants craignent que la situation ne se dégrade encore ces prochains mois sur le plan esthétique.
Jean-Marie CHAMPAGNE
ON pensait la colère des anti-éolien retombée. En tout cas, la tempête était passée et, bon gré, mal gré, la forêt de mâts qui a fait son apparition dans le Laonnois semblait avoir été acceptée par le plus grand nombre. Or, ce calme ne serait que relatif.
Loyers jusqu'à 15.000 euros
A Autremencourt, Virginie Micberth entend continuer le combat, à la fois dans les rangs de l'association « Autremencourt demain » et de « Vent de colère » qui multiplie les recours sur le territoire, soit pour ralentir les projets en cours, soit pour contester ceux qui ont déjà abouti.
« Nous sommes sollicités par des riverains de futures éoliennes situées aux quatre coins du département. Après la Thiérache, ce sont en effet les régions du Soissonnais et du Brainois qui se manifestent vivement. Ainsi, la mairie de Presles vient de gagner en appel contre le ministère de l'Écologie et le promoteur : les permis de construire sont annulés par la Cour d'appel de Douai », assure la même Virginie Micberth, plutôt satisfaite de cette victoire.
Il faut dire que sur son secteur, la bataille est rude. Sur le village de la Neuville-Bosmont, qui subit déjà toutes les nuisances des éoliennes installées sur les terres d'Autremencourt, Cuirieux et La Neuville, deux promoteurs (Eole-Futur et Evelop) se disputent les terrains et l'on assiste à une véritable surenchère des prix des loyers. Ces derniers s'affichent désormais à 8.000 (et même à 15.000 euros) par mât et par an alors que pour les 11 premières éoliennes construites ces mêmes loyers avoisinaient les 4.500 euros hors taxes.
En outre, sur un plan esthétique, les opposants craignent que le tableau se ternisse encore dans les prochains mois : « Si l'on ajoute la ZDE de la communauté de communes de la Champagne picarde qui jouxte Cuirieux et la Neuville-Bosmont, ce dernier village se trouvera totalement encerclé et ce malgré les recommandations du préfet », regrettent-ils.
Plainte pour prise illégale d'intérêts
Or, ils s'étonnent de cette situation, d'autant que le cabinet Bocage, diligenté par le préfet pour étudier une vision d'ensemble de l'implantation d'éoliennes dans l'Aisne, n'a jamais contacté les associations ou riverains opposés au projet.
Sur le plan judiciaire, là encore, le bras de fer engagé depuis plus de six mois maintenant se poursuit. « Nous ne savons toujours pas si le procureur donnera suite à la plainte pour prise illégale d'intérêts et non-respect des permis de construire que nous avons déposée mon mari et moi ainsi que l'association Autremencourt Demain, poursuit Virginie Micberth, or, selon nos informations, les nouvelles éoliennes prévues autour de La Neuville-Bosmont seraient de nouveau érigées sur les terres d'élus locaux avec, on le sait, les loyers encore plus importants ! ».
Un point sur lequel intervient également l'association « A contre vent ». Cette dernière vient en effet de déposer un recours devant le tribunal administratif d'Amiens pour faire annuler la ZDE acceptée par le préfet de l'Aisne.
De même, elle a également déposé un recours en annulation contre les éoliennes de Marle, Marcy-sous-Marle, La Neuville-Housset et entend s'opposer à tout nouveau permis déposé sur le canton de Marle.
Bref, la bataille demeure rude et certainement encore longue pour ces Don Quichotte des temps modernes. Longue mais pas dénuée d'espoir.
Nicolas Fostier









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